Molenzorg
Bovigny (Gouvy), Luxemburg
<p>Moulin et tannerie Beaupain<br />Moulin de Cierreux</p>
Foto: Robert Van Ryckeghem, Koolkerke
Naam

Moulin et tannerie Beaupain
Moulin de Cierreux

Ligging Cierreux 17
6671 Bovigny (Gouvy)

au coin avec la Route de Cierreux
op de Glain
cadastre section A n° 73


toon op kaart
Geo positie 50.243240, 5.921958
Eigenaar Privaat
Gebouwd Eerste helft 19de eeuw / 1912
Type Bovenslag watermolen
Functie Schorsmolen
Kenmerken Natuurstenen gebouw
Gevlucht/Rad Ingebouwd metalen bovenslagrad
Inrichting Verwijderd
Toestand Gerenoveerd als gebouw
Bescherming M: monument, DSG: dorps- en stadsgezicht,
22.09.1982
Molenaar Geen
Openingstijden Op aanvraag
Internet bron

Moulin et tannerie Beaupain
Moulin de Cierreux

Beschrijving / geschiedenis

De watermolen werd in het begin van de 19de eeuw gebouwd als graan- en schorsmolen voor de naastgelegen leerlooierij van Beaupain. Hij is uitgerust met een ingebouwd metalen bovenslagrad, dat nog in goede staat verkeert. Het interieur is echter verwijderd. Op 22.09.1982 werd de molen, het binnenwerk, het waterrad en het sluiswerk beschermd als monument, en samen met de omgeving als site.

Lieven DENEWET
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Le moulin de Cierreux, à farine et scierie cadastré n° 79, d'une contenance de 1,55 are, était la propriété au cadastre de 1844, de Jean-Guillaume Beaupain, meunier à Cierreux.

Au 19e siécle, en contrebas du village, le long du Glain, existait un petit ensemble industriel comprenant d'une part moulin à grain, scierie, tannerie, moulin à écorce, distillerie agricole, et d'autre part, plus en aval et successivement, foulerie, huilerie et broierie d'os.

Du haut du pont enjambant le Glain, on peut encore admirer, du premier groupe, l'ancien moulin banal et la tannerie Beaupain. Ces deux édifices sont classés. à l'avant plan, on distingue encore l'ancien petit pont de pierre à deux arcades qui franchissait anciennement la riviére et conduisait au village.

La tannerie Beaupain
Cette haute bâtisse à colombages, de plan rectangulaire, sur cinq niveaux, fut édifiée en deux temps dans la premiére moitié du dix-neuviéme siécle et a fonctionné durant une centaine d'années. L'embrasure de l'ancien accés récemment obturé, portait les initiales gravées M.B.P., initiales présumées de Mathieu Beau(!) Pain(!), propriétaire constructeur. La partie supérieure en colombages et briques, sur trois faces, a été copiée sur le modéle stavelotain en 1912 par l'aménagement de l'ancienne structure en colombage et planchettes. Appliquée à la même date contre la façade Ouest et regardant le ruisseau, la construction suspendue sous appentis est inspirée d'une annexe d'habitation dominant la Ruhr à Monschau. Entre la tannerie et la chute d'eau la séparant du moulin, on distingue encore les emplacements et les vestiges des anciennes cuves à tan. Le bâtiment a fait l'objet d'une rénovation récente et particuliérement heureuse.

C'est un haut et remarquable bâtiment couvert de cherbins, classé comme monument et récemment restauré. Les deux premiers niveaux, qui avaient renfermé un moulin à écorces ("molin dés chwéces"), sont édifiés en moellons. Les trois niveaux supérieurs, réservés sans doute au stockage des peaux, le sont en colombage."

Classé le 22.09.1982: Ancienne tannerie (façades et toitures), n° 13 (M) et alentours (S).

Met dank aan Aimé Smeyers, Alsemberg.

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Le moulin de Cierreux était l'un des 5 moulins banaux du comté de Salm. En vertu de la banalité, les usagers d'un moulin devaient payer une redevance et utiliser le moulin qui leur était désigné. Celui de Cierreux, établi sur le Glain et alimenté par 3 cours d'eau, desservait Cierreux, Rogery, Honvelez, Bovigny, Longchamps et Courtil (Halconreux ayant son propre moulin).
Le droit de mouture se percevait par les meuniers au 32e, taux rappelé par une transaction de 1752. L'exploitation du moulin se faisait par bail locatif devant la Justice du comté de Salm. Le bail fixait les devoirs du meunier et la redevance qu'il devait payer pour l'exploitation et qu'il s'assurait au moyen de la taxe payée par les usagers.
La transaction du 20 août 1752, entre le comte de Salm et ses sujets, rappelait que les habitants affectés à un moulin, devaient assurer les réparations et l'entretien des 4 murs de ce bâtiment, de même que l'entretien de la toiture, à leurs frais. Le comte devait donner les bois nécessaires (1).
Le 19 mai 1616, à l'instance de Guillaume Martin PETITHIERME, le mayeur et la justice de Laloux au comté de Salm se rendirent au moulin de Cierreux, afin d'en faire une visite juridique.
Pierre « musnier » l'avait obtenu par « admodiation » (bail), la visite était en fait un état des lieux.
On y trouva 2 « tournans », le principal a été trouvé en bon état (tant intérieurement, qu'extérieurement). Les 2 pierres « molaires » y sont attachées, de bonne dimension. L'autre (de pierre ?) servant de « xhoustinne ». Pierre le meunier et son beau-pére l'avaient fait remettre en état, à leurs frais. Le reste du matériel, mesures, etc. ont été trouvés suffisants (2) .
Pierre le meunier étant décédé, le mayeur, le procureur et la justice de Laloux furent d'intention d'établir à la direction du moulin de Cierreux, par bail, Henry ENGELBERT. Il en fut pourvu par l'officier du comte de Salm. Il fut décidé de la visite du moulin le 2 septembre 1627.
Le moulin est décrit comme suit : « il est accommodé de deux tournoiemens, en deux ruis et coursiere d'eau, comme neves et fermes ; les arches, tours, meaulx, et l'un des tremoulx vaillables ; l'autre tremoul médiocrement bon ; les p[...] parties interieures, comme aussi les pierres des ambedeux tournoiemens sont advisées pour suffisantes, ores que celles de l'inférieur soiont noirastres et tendres ; les degrez sont esté trouvez vieulx et impropres ; les van, et mesures ordinaires spectantes à un moulin si que le septier, et le grand melle sont trouvez passables ; le petit en mediocrité. Au surplus quant à la structure, le toict, comme aussi les parois antérieure et postérieure consistantes en murailles sont bastantes et pestisantes, celle du costé méridional, ruineuse d'un coing ; l'autre, ruineuse et à restaurer en meilleur estat ».
La veuve de Pierre « musnier » fut présente. Elle déclara que le « tour inférieur (quest la xhousiére) avec tout équipage, parties, et piéces en dépendantes » lui appartiennent, son époux les ayant payés. (3)

Le 29 avril 1686, devant le mayeur et les échevins du comté de Salm, Glaude LAURENT « musnier moderne » de Cierreux déclara qu'il avait obtenu du comte de Manderscheid-Blankenheim (tuteur du comte de Salm), un nouveau bail de 6 ans consécutifs pour le moulin de Cierreux. Il débutera à la Noël 1686, moyennant une rente annuelle en seigle et autres « redevabilités », comme il a fait les 9 derniéres années. A cet effet, le meunier a été obligé de fournir une caution suffisante. L'échevin François Jean JACOB, de Rogery, se porta garant pour le terme de 6 ans. (4)

Le 24 janvier 1720, Guillaume PONCIN « cy devant fermier du moullin de Cierreux » déclara qu'à sa sortie du moulin, le procureur d'office du comté, lui avait suscité procés devant la Justice de Salm, sous prétexte que PONCIN avait repris tout des objets qui ne lui appartenaient pas. Il interjetait appel à Luxembourg.(4 b)

Le 5 juillet 1723, devant le notaire MEURICE, de Vielsalm, Jean Rical MARTIN meunier de Cierreux déclara être poursuivi par Jean le MARECHAL, de Cierreux et Thomas Jean SERVAIS, de Honvelez ; pour « déchargement de cautionement et en indemnité », faute d'avoir livré le « tressain » du moulin de Cierreux. Le meunier voulait bien les indemniser des frais et inconvénients qui pouvaient en résulter. En garantie, il hypothéqua ses biens meubles et immeubles. Cet acte fut passé en présence de Guillaume BAPTISTE et de Jean Salomon FAVAIGE, garde à Salm. (5)

Le 17 avril 1730, les communs habitants de Cierreux, Rogery, Bovigny, Longchamps, Honvelez et Halconreux introduisirent une requête au Conseil Provincial de Luxembourg.
Ils déclaraient qu'il était notoire dans tout le Luxembourg que les réparations ou construction des moulins bannaux soient à la charge des propriétaires. La main d'Å“uvre étant à la charge des usagers. Eric-Adolphe RUTH officier du comté de Salm soutenant qu'ils étaient redevables des réparations et construction avait demandé une information...
Pour leur défense, les habitants rappelérent qu'en 1720, Guillaume PONCIN, fermier du moulin fut condamné par la Justice de Salm, à l'instance de l'officier, à procéder aux réparations extérieures et intérieures du moulin.
Par une autre requête du 7 octobre 1730, les habitants susdits déclarérent que le moulin se trouve « hors d'état à servir », « les murailles étantes ouvertes de tout costé, le vent domine si fort qu'il est impossible de s'y tenir, même la farine se perd ; et le munier, par rapport que le dit moulin est inhabitable, ny peut demeurer, de maniére qu'il s'a retiré au village de Cierreux »... Lorsque les habitants désirent faire moudre leurs grains ne trouvent pas le meunier ! « Pendant l'hyver et grandes froidures, ils sont en danger de périr », le comte de Salm ne peut pas se permettre un tel était de faits et doit être obligé d'effectuer les travaux nécessaires. C'est pourquoi, les habitants supplient la Cour d'ordonner à l'officier RUTH, de faire rétablir le moulin et le rendre habitable, sous peine de payer des dommages et intérêts, et qu'il soit permis aux usagers de faire moudre leurs grains ailleurs. Ce que le Conseil Provincial accorda aux usagers.
L'officier RUTH s'adressa à la Cour le 10 novembre 1730, afin qu'elle accepte qu'une visite soit faite au moulin, par des experts, qui devaient dresser un procés verbal des défectuosités, et que les réparations seront mises « au rabais », en présence des différentes parties.
Le 18 novembre 1730, nouvelle requête de la part des usagers du moulins de Cierreux. Le 19 octobre 1730, ayant fait signifier le décret obtenu aux intéressés ; RUTH « qui n'aime qu'à trouver matiére à tourmenter les sujects » manda son procureur d'office contre Jean HUBERT, le jeune, de Courtil, sous prétexte d'avoir publié le décret et menacé les autres usagers s'ils allaient moudre leur grain au moulin de Cierreux... Cette action ne fut intentée que pour se venger d'HUBERT qui s'était constitué commis pour les habitants ! Ils demandérent à la Cour de condamner le procureur d'office à 100 florins d'or, s'il continuait son action.
Par une requête du 18 août 1731, il apparaît que RUTH avait intenté un procés au Conseil Provincial de Luxembourg, afin de contraindre les usagers « à rebâtir de fond en comble, le moulin banal de Cierreux ». Les contraindre également à payer leur cote-part des frais du procés. (5 b)

Le 10 août 1731,il fut octroyé un salaire de 13 - 16 -0, à Jean-Baptiste GUILLAUME, de Cierreux, pour avoir "arraché et préparé les pierres et la terre" pour la réparation du moulin de Cierreux. (5 c)

Le 14 juillet 1767, le procureur d'office du comté de Salm introduisit une requête contre François REMY, de Cierreux, qui en ayant fait une digue sur le ruisseau de Samré-vivier et en arrêtant le courant de l'eau en octobre (pendant la grande sécheresse, avait empêché le meunier Cornélis PONCIN d'avoir de l'eau pour faire tourner les roues du moulin banal et moudre les grains des banaux. (5 d)

Le 26 décembre 1769, devant les mayeur et échevins de la Haute Justice du comté de Salm, comparut Cornélis PONCIN, meunier « moderne » de Cierreux, afin de pouvoir reconduire le bail du moulin, qui expirait ce jour là, jusqu'en 1770, moyennant le « rendage » annuel de 16 muids de seigle « bien conditionné ». En caution, il engagea ses biens meubles et immeubles. Jean-Henri LEMAIRE, de Salmchâteau se porta garant. (6)
Le bail du moulin fut à nouveau reconduit le 26 décembre 1770, en faveur de Cornélis PONCIN, moyennant la rente annuelle de 16 muids de seigle. Il dut hypothéquer ses biens meubles et immeubles, de même que son fils Guillaume PONCIN. Martin PONCIN, de Longchamps se porta garant. (7)
A Cornélis, succéda son fils Guillaume PONCIN. Il obtint le bail du moulin le 26 décembre 1776. Il devait s'acquitter de la même rente annuelle et hypothéquer ses biens. Martin PONCIN, de Longchamps se porta garant. (8)
Dans la suite, la rente annuelle se paya en argent.
Le 10 janvier 1786, Jean Guillaume PONCIN meunier « moderne » au moulin de Cierreux obtint le moulin, moyennant le payement d'une rente annuelle de 71 écus. Il hypothéqua ses biens. L'échevin Jean-Guillaume ORBAN, de Vielsalm se porta garant. (9)
Le 30 décembre 1788, Jean Guillaume PONCIN avait obtenu le moulin de Cierreux, moyennant une rente annuelle de 60 écus (la rente avait été revue à la baisse !), pour assurer le payement et les réparation éventuelles au moulin, il obligeait tous ses biens. De même que l'échevin ORBAN, qui se porta une nouvelle fois caution. (10)
Sous le régime français, les moulins banaux du comté furent séquestrés comme biens domaniaux, puis vendus à des particuliers. Le moulin de Cierreux fut vendu le 30 juin 1808 à Mathieu BEAUPAIN pour 3 625 francs (11).

Mathieu BEAUPAIN, né à Neuville (Vielsalm) le 23 novembre 1765, bourgmestre de Bovigny, marchand-négociant, fils de Lambert BEAUPAIN et de Marie-Joseph PAQUAY. Il épousa en premiéres noces à Vielsalm le 2 février 1789, Marie-Anne COMTE, née à Burtonville le 31 mai 1765, fille de Gérard COMTE et de Catherine LESAINT. Marie-Anne COMTE mourut à Burtonville le 10 décembre 1802. Mathieu BEAUPAIN épousa en secondes noces, à Vielsalm le 22 juin 1803, Jeanne-Thérése MOYSE, née à Rencheux le 10 mai 1762, fille de Jean-Henri-François MOYSE et de Jeanne-Elisabeth JACOB. (12)

Le 29 décembre 1808, Mathieu BEAUPAIN, propriétaire du moulin de Cierreux et Jean Henry LEMAIRE, fermier sortant du dit moulin, requirent le juge de paix du canton de Vielsalm, afin de procéder à la visite et expertise de ce moulin.
A cet effet, ils lui remirent l'acte d'expertise dressé à l'entrée du fermier le 14 nivôse an VII. Ils lui présentérent pour experts : Pierre-Antoine PONCIN, fermier du moulin de Vielsalm et Jean-Pierre-François MANARD, maître en usine à Gouvy.
Le juge reçut les experts et ceux-ci prêtérent devant lui le serment de « bien et fidélement s'acquitter de leur charge et d'estimer avec impartialité en leur âme et conscience, les usines dudit moulin ».
Estimation :
Premier tour :
1° la pierre « courrante » du premier tour a été levée et mesurée sur les 2 têtes, elle est d'une épaisseur de 12,54 cm. (2,9 cm. correspondant aux pouces de St. Lambert estimé 12 fr.) soit 72 fr.
2° La pierre du fond du même tournant mesuré sur « l'Å“il » et sur l'eau est d'une épaisseur de 13,58 cm. (l'équivalent du pouce de St. Lambert évalué à 8 fr.) soit 52 fr.
3° Les « cheresses », estimées neuves à 12 fr., diminuées de 2 fr.
4° L'arche, estimée 28 fr., diminuée de 4 fr.
5° Le « tremouil » et l'échelette, estimés 9 à 10,50 fr., diminué d' 1,16 fr.
6° L'axe, les fers, et la lanterne, estimés neufs à 60 fr., diminué de 11 fr.
7° Le « royen », estimé 54 fr., trouvé bon.
8° Table et « bernaz » évalués à 12 fr., diminués d' 1,16 fr.
9° Les « ploumson » et traineaux intérieurs, estimés neufs à 9,32 fr., diminués de 56 centimes.
10° La « may » estimée 7 fr., diminuée d' 1,44 fr.
11° Le « bair », « ventailleries », « coursieres », roues et « chevolets ». Le « bair », « ventailleries », et « chevolets » estimés neufs à149,32 fr. ; chacune des roues, estimée à 144 fr. Le tout diminué de 234 fr.
Deuxiéme tour :
1° La pierre supérieure du Trournant inférieur a été mesuré sur les 2 têtes : épaisseur de 12,56 cm., estimé 168,70 fr.
2° La pierre du fond du même tour, mesurée sur l'Å“il et sur l'eau : épaisseur de 23,09 cm., estimé 99 fr.
3° Les « chevesses » évaluées neuves à 12 fr. ; diminuées de 4, 08 fr.
4° L'arche, évaluée neuve à 28 fr. ; diminué de 11,08 fr.
5° Le « tremouil » et l'échelette, estimés neufs à 10,50 fr. ; diminués de 2,04 fr.
6° L'axe, le fer et la lanterne, évalués neufs à 60 fr. ; diminués de 6 fr.
7° Le Royen évalué neuf à 45 fr. ; diminué de 6 fr.
8° les « ploumsons » et traineaux intérieurs estimés 9 fr., trouvés bons.
9° table et « burnaz », estimés 18 fr., trouvé 6.
10° La « mays », évaluée neuve à 10,50 fr. ; diminuée de 1,44 fr.

Il résultait que LEMAIRE à son entrée au moulin y avait trouvé des pierres valant 266,45 fr., qu'elles valaient désormais 391,70 fr.
Sur les usines, LEMAIRE devait 285,25 fr. Il devait encore à Mathieu BEAUPAIN, 160,70 fr. (13)
Jeanne-Thérése MOYSE mourut à Cierreux le 16 mars 1841 (14). Sa déclaration de succession fut présentée par ses fils Jean-Baptiste et Célestin BEAUPAIN, négociants à Cierreux. Elle comprenait notament la ½ d'un moulin à farine estimé à 5 000 fr. (15)
La déclaration de succession de Mathieu BEAUPAIN, mort à Sterpigny (Cherain) le 9 juillet 1849, est présentée par Jean-Guillaume BEAUPAIN, marchand-tanneur à Cierreux ; Pétronille BEAUPAIN, ménagére à Commanster ; Jean-François-Joseph BEAUPAIN, marchand-tanneur à Lierneux ; Jean-Baptiste-Joseph BEAUPAIN, bourgmestre de Bovigny, demeurant à Cierreux ; Nicolas-Célestin BEAUPAIN, négociant à Sterpigny ; Jean-Lambert VILENNE, propriétaire à Lierneux, fondé de pouvoir de Marie-Anne BEAUPAIN, négociante à Lisbonne (Portugal) et les représentants de Marie-Catherine BEAUPAIN, de Vielsalm : a) Jean-François-Joseph OTTE, marchand-tanneur ; b) Marie-Jeanne-Joséphine-Hortense OTTE ; c) Catherine-Thérése-Eugénie-Joséphine OTTE ; d) François-Joseph-Constant OTTE ; e) Bernard-Joseph-Alexandre OTTE et f) Euphémie OTTE. Cette succession comprenait un moulin dit « moulin de Cierreux », avec terrains d'aisances servant à son exploitation d'une valeur de 16 000 fr. (16)
Le moulin de Cierreux fut attribué par partage le 8 novembre 1849, au fils du premier lit : Jean-Guillaume BEAUPAIN. (17)

Jean-Guillaume-Joseph BEAUPAIN, né à Burtonville le 13 juillet 1795, marchand, négociant, épousa à Vianden (LUX) le 15 avril 1822, Marguerite THOLL, née à Vianden le 25 juillet 1802, fille de Théodore THOLL et de Marguerite CONRAD. (18)

En 1865, le cadastre observa l'agrandissement du moulin, la démolition de la scierie, l'établissement d'une habitation, changement de limite avec le n°76, démolition de bâtiment, constata la construction ancienne d'une scierie. (19)
Le 31 mars 1869, Jean-Guillaume BEAUPAIN, bourgmestre à Vielsalm, vendit à Adolphe DELVAUX, ingénieur civil à Liége, un moulin à farine, avec scieries, aisances, prés et terres y annexées, dit « le moulin de Cierreux » n°228, 229. (20)
Marie-Charles-Adolphe baron DELVAUX de FENFFE, né à Liége le 30 juillet 1815, fils de Jean-Charles-Philippe-Joseph baron DELVAUX de FENFFE et de Louise-Héléne-Clémence baronne BELLEFROID. Il épousa à Liége le 28 août 1849, Laure-Marie-Agnés-Célestine baronne de WANDRE, née à Liége le 19 septembre 1827, fille d'Henry-Barthélemy baron de WANDRE et de Caroline-Célestine baronne de MACAR. (21) Adolphe DELVAUX de FENFFE mourut à Liége le 6 février 1887. (22) Laure de WANDRE mourut à Cierreux le 4 février 1909.(23)

Georges BENOIT
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(1) G. REMACLE « Vielsalm et ses environs », Vielsalm, 2e édition, 1968, pp. 46-47.
(2) CS n°6, p.40.
(3) CS n°11, p.6vo/7.
(4) CS n°14, p.28.
(4 b)CLUX. 218.
(5) CS n°40, p.317/317vo.
(5 b)CPLUX. 255/259.
(5 c) AESTH. Archives de BRNO, sur microfilms.
(5 d) E. COMPERE, "Archives du comté de Salm", d'aprés le manuscrit de l'abbé HALLET, 1915.
(6) CS n°21, p.202.
(7) CS n°21, p.331.
(8) CS n°23, p.281.
(9) CS n°27, p.254.
(10) CS n°30, p.77.
(11) AEL. Fonds Français, II, n° 2062, dossier n°654.
(12) Renseignements généalogiques R. FIRMIN « Les Jacques, Jacques de Dixmude, Beaupain. Notices généalogiques arrêtées au 30 mars 1996 »p. 260-262.
(13) AESTH. Justice de Paix du canton de Vielsalm, 1808, n°21.
(14) EC. Bovigny.
(15) et (16) AESTH. E. et D. Houffalize, décl. de successions.
(17) AESTH. Notariat JACQUES, Vielsalm, 1849, n°46. ACP n°52, p. 79vo/80.
(18) Renseignements généalogiques R. FIRMIN « Les Jacques, Jacques de Dixmude, Beaupain. Notices généalogiques arrêtées au 30 mars 1996 »p. 260-262.
(19) Cad. Arlon, matrice.
(20) ACP n°118, p.49vo.
(21) GENEANET.
(22) et (23) souvenirs mortuaires.

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Les archives des XVIIe et XVIIIe siècles signalent que le comté de Salm comptait, avant 1780, 5 moulins banaux. Il s’agit de ceux de Grand-Halleux, Vielsalm (démoli en 1915), Salmchâteau, Cierreux et Arbrefontaine, pour lesquels des copies de baux figurent aux actes de la Cour de Salm. Ces moulins existaient déjà avant 1600, et très probablement bien avant, ce qui serait très normal étant donné leur situation et leur distribution dans l’étendue du comté.

Aux registres de la cour de Salm, nous avons trouvé des documents des environs de 1600, concernant les moulins de Cierreux, Salmchâteau, Vielsalm. Le 9 septembre 1560, est cité «Gilles le meulnier de la vieille Saulme ». Le moulin de Cierreux comporte une pierre datée de 1489.

D’autres moulins ont existé au comté bien antérieurement encore. Celui de Juvigny (Djivni), situé entre Rogery, Bovigny, Courtil, et actionné par l’eau de Glain, a tourné jusqu’à la fin du XVIe siècle. Il ne peut être que le moulin ayant servi à ce qui correspondait à l’ancien domaine de Glain.

Un document du 28 septembre 1600 (CS 1597-1622/40-41), parle de «réédification du moulin de Giveignys». nous ne pensons pas, toutefois, que cette restauration ait eu lieu, l’activité du moulin en question n’apparaissant plus après 1600, à la connaissance de G. Remacle. Ce moulin était vraisemblablement le moulin rattaché à l’ancienne villa de Glain citée en 720, et dont le centre vital se trouvait non loin de Juvigny. Il a été « bruslé et ruiné par les gens de guerre». (Compte de 1670)

Un moulin s’est élevé également près de Goronne, dont le souvenir subsiste toujours aux archives du XVIIe siècle. Son existence, fort ancienne, est normale, relativement à l’ancienneté de Goronne et le fait que ce village n’a pu disposer, pendant longtemps, d’un autre moulin plus rapproché. Celui d’Arbrefontaine, auquel Goronne sera rattaché un jour, ne viendra que bien après la naissance du comté.

Voici le texte s’y rapportant, de 1627: « Jean Simon de Gronne a quicté et guerpy à une faigne gisante es vieulx moulins, tenant pardessus au dit Jean Potestat (de Goronne), pardessouz au bief coulant sur la maladrerie». (CS 1625-1627/80vo)

Enfin à Ville-du-Bois, sur le ruisseau de Salm, un moulin disparu depuis longtemps a tourné fort anciennement. Il devait encore exister vers les XIIe et XIIIe siècles.

Aucune archive n’en fait mention. Aucun vestige non plus n’en reste sur le terrain. L’opinion de G. Remacle est toutefois que ce moulin à existé. Il est possible, même probable, que ce soient les vestiges de ce bâtiment qui aient fait naître la légende «Le moulin des Cawettes» ou Clawettes, rapportée par Pimpurniaux, I, pp. 135-137; et L. Banneux, Les fées du Hultai, pp.91-100.
Sur l’emplacement de ce moulin, Englebert Lebecque, de Ville-du-Bois, édifia, en 1820, un nouveau moulin, qui a duré jusqu’en 1946.

Le moulin de Salmchâteau.

Vers 1750, un sixième moulin apparaît dans le comté de Salm, à Halconreux; il était sans banalité et seulement pour l’utilité du village de Halconreux.

On sait qu’en vertu de la banalité, les usagers d’un moulin devaient non seulement payer une redevance, mais utiliser le moulin qui leur était désigné. Celui-ci était, d’ailleurs, en général, le plus rapproché de leur village.

Ainsi, le moulin d’Arbrefontaine avait comme usagers les habitants d’Arbrefontaine, Menil, Gernechamps, Goronne. Celui de Grand-Halleux, les localités de l’actuelle commune de Grand-Halleux. Celui de Vielsalm, les localités de Rencheux, Vielsalm, Priesmont, Ville-du-Bois, Petit-Thier, Burtonville et Neuville. Celui de Salmchâteau, Bèche, La Comté, Salmchâteau et Commanster. Celui de Cierreux, Cierreux, Rogery, Honvelez, Bovigny, Longchamps, Courtil et Halconreux (cette dernière localité jusqu’à l’édification du moulin du village).
Le droit de mouture se percevait par les meuniers « au trente deuxième », taux rappelé par la transaction du 20 août 1752.

Il est possible qu’à l’origine ce droit de mouture ait été versé intégralement au seigneur par l’intermédiaire du meunier. Toutefois, le système qui a fini par s’imposer comportait l’exploitation du moulin selon bail locatif passé devant la Haute Justice ou même à la fois devant la Haute Justice et la Cour féodale. Le bail fixait les devoirs du meunier et notamment la redevance ou rendage qu’il devait payer pour l’exploitation et qu’il s’assurait au moyen de la redevance payée par les usagers. À la fin du XVIIIe siècle, ce rendage était évalué en argent et non plus en nature.

Le rendement en nature s’établissait en seigle, farine d’avoine, plus 1 ou 2 porcs, et quelques chapons. La viande de ces porcs était salée au château et servait à la cuisine comtale, ou même était envoyée à Bedbur quand y résidait le comte. Le moulin de Vielsalm devait en outre 1 muid de farine de froment.

Voici, par exemple, l’un de ces baux:
“Cejourd’hui vingt-sixième décembre mille sept cent soixante-neuf pardevant les maieur et échevins de la haute justice du comté de Salm, sousignés comparu personnellement Gengulphe Freçon, meunier moderne de Vielsalm ; lequel pour être continué et prorogé l’année 1769 in 70 dans le Bail du dit moulin qui est expiré cejourd’hui et important un rendage de cinquante sept muids de seigle, bien conditionné, dont l’année commence ce jourd’hui et finira à pareil jour de l’année prochaine, déclare d’obliger ses biens meubles et immeubles sous le cautionnement de François Gengoux, de Ville-du-Bois, ici présent qui affecte de même ses biens meubles et immeubles à cet effet se soumettant l’un et l’autre à prompte et parate exécution à décretter sur requête à présenter à cette cour par le Sr receveur de ce comté en cas de défaut s’obligeant au surplus le dit meunier, à remplir les devoirs d’un vrai meunier et de s’acquitter de tous les devoirs en résultans en foi de quoi et après lecture faite, ils ont signés à Vielsalm ut supra sont signés Jeangou Fresons, Françoi Gengoux, J.B. Otte, N. Dairomont avec pphe, F. Moïse, J. Herman, F.Beaujoz avec p(ara)phe”. (CS 1768-1772/200).

Par exemple, il s’élevait en 1670, pour le moulin d’Arbrefontaine à 7 muids de seigle; celui de Cierreux, 8 muids; celui des Halleux, 10 muids; Salmchâteau, 10 muids; Vielsalm, 22 muids.
En 1776, pour le moulin d’Arbrefontaine à 17 muids de seigle; celui de Cierreux, 16 muids ; celui des Halleux, 28 muids; Salmchâteau, 23 muids; Vielsalm, 58 muids.
En 1786: Arbrefontaine, 109 écus; Cierreux, 71 écus; Halleux, 164 écus 2 escalins; Salmchâteau, 55 écus et demi; Vielsalm, 300 écus.
En 1785, pour Halconreux, 20 écus.

La transaction du 20 août 1752 rappelle aussi que «les Banaux respectifs desdits moulins demureront sujets aux réparations et entretient les quatre murails ou parois, de même qu’aux toitures desdits moulins à leurs frais et dépens, parmi que son Excellence fasse assigner hors de ses bois ceux nécessaires à cet effet».

C’est ainsi, par exemple, que le 14 juin 1768, «les communs habitants d’Arbrefontaine, de Goronne, Menil et Gernechamps, moulans Bannaux du moulin d’Arbrefontaine» furent condamnés à «pourvoir aux réparations de quatre murailles, parois et toitures du moulin banal d’Arbrefontaine, relativement à la transaction passée le 20 août 1752… et ce endéans la quinzaine de l’insinuation, à peine que ce terme écoulé, il y sera pourvu d’office à leurs frais.” (CS 1760-1768/127)

Sous le régime français, les moulins banaux de Salm furent séquestrés comme biens domaniaux, puis vendus à des particuliers. Celui de Vielsalm, à J.F.J. Otte, de Vielsalm, pour 9 025 francs; celui de Salmchâteau au même, pour 6 300 francs; celui de Cierreux, à Mathieu Beaupain, pour 3 625 francs; celui de Grand-Halleux, à Henri-Joseph Honvlez, d’Ennal, pour 4 575 francs (A.E.L., F.F. registre 2058)

Gaston REMACLE & Georges BENOIT

<p>Moulin et tannerie Beaupain<br />Moulin de Cierreux</p>

Foto: Maarten Osstyn, Adegem, 21.07.2008

<p>Moulin et tannerie Beaupain<br />Moulin de Cierreux</p>

Foto: Robert Van Ryckeghem, 04.12.2003

<p>Moulin et tannerie Beaupain<br />Moulin de Cierreux</p>

Foto: Robert Van Ryckeghem, 04.12.2003

<p>Moulin et tannerie Beaupain<br />Moulin de Cierreux</p>

De watermolen (vooraan) en de leerlooierij (achteraan). Foto: Robert Van Ryckeghem, 04.12.2003

<p>Moulin et tannerie Beaupain<br />Moulin de Cierreux</p>

De leerlooierij Beaupain. Foto: G. Focant, DPat

Literatuur

XII Journées du Patrimoine (9-10 septembre 2000) - Itinéraires au fil de l'eau";
"Ouvrages hydrauliques", p. 86;
H. D'Otreppe: "Gouvy, Cierreux. Le moulin banal, la tannerie Beaupain, l'huilerie et la centrale électrique", in: Pierre Paquet, "Le patrimoine industriel de Wallonie" / Réalisé sous la coordin. de Pierre Paquet e.a., Liège, Ed. du Perron, 1994, (539 p.), p. 346 e.v.;
Nathalie de Harlez de Deulin, "Les ouvrages hydrauliques", Héritages de Wallonie, Liège, Ed. du Perron, 1997, p. 86-87 (met mooie foto);
www.gouvy.be/fr/Publications/DetailsVillages/nice/cierreux.htm
Le patrimoine monumental de la Belgique », tome 17, (1993) par P. Mardaga, notice de H. d'Ottreppe, p.102-104.
Joseph Toubon « Les communes du canton de Vielsalm en 1826 et 1843 », 6e partie, in: Glain et Salm, Haute Ardenne, n° 46, 1997, p. 80-82.
G. Remacle, « Vielsalm et ses environs », Vielsalm, 2e édition, 1968, pp. 46-47.


Laatst bijgewerkt: donderdag 20 april 2017
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