Molenzorg
Brussel, Brussels Hoofdstedelijk Gewest

Schilderij van Jan-Baptiste Van Moer (Brussel, 1819-1884), mei 1870 (Stadhuis Brussel)
Algemeen
Collectie
Verdwenen Belgische Molens
Naam

Baertmolen
Cantermolen
Klapschettemolen
Slapscheetmolen
Barbiermolen
Moulin de la Barbe
Moulin des Barbiers

Ligging
Rue de la Grille
1000 Brussel

Hekkenstraat
Baertbrug
op de (nu overwelfde) Zenne
kadasterperceel C1168


toon op kaart
Type
Onderslag watermolen
Functie
Korenmolen
Gebouwd
voor 1300
Verdwenen
1872, sloop bij de overwelving van de Zenne
Beschrijving / geschiedenis

Le Baertmolen ou Moulin dit de la Barbe, dit aussi des Barbiers.

Le Baertmolen se trouvait autrefois sur l'ancien pont de  la Barbe, rue de la Grille, sur la Senne (114) dans le quartier d'Over­molen et disparut aux environs de 1862 (115), lors des travaux d'assainissement de la Senne. Il était formé de deux moulins qui gardèrent long temps leur individualité: le Clapschette et le Cantermolen.

a.  Le Clapschette ou Slapscheetmolen.

Le nom réservé au moulin situé sur la Senne, dans la partie intérieure de l'île circonscrite par la rue de la Petite Ile (116), ne porta que tardivement le nom de Clapschette (117), qui s'ortho­graphiera de différentes manières (118) avant de passer à la forme Slapscheetmolen ou ses variantes (119); il fut d 'abord. désigné sous le simple nom de moulin à eau dans un acte de 1312 (120) où il est déclaré comme fief tenu par Arnould Rex ou Coninc (121) du duc de Brabant. Les successeurs des Rex en font  relief (122), lors même que la ville  de Bruxelles, après Pierre vander Eycken (123), en ait fait l'achat en 1442 (124) et en signale la possession à différentes reprises (125). C'est aux environs de 1757 (126) que ce moulin se confondit avec le Can­termolen (127).

b. Cantermolen dit plus tard Baertmolen.

Situé vis-à-vis du Clapschette (128) sur la rive opposée de la Senne, le moulin qui lui fait face est tout d'abord dénommé en raison de son voisinage avec une brasserie dite Den Baert citée au XIVe siècle (129), proche de l'ancienne rue de la Barbe d'Or (130). Le nom de Cantermolen ou moulin du Coin, qui apparaît aux XVe siècle (131), subsistera jusqu'au moment où le nom de la brasserie voisine finira par servir à la désignation du moulin lui-même, soit le Baertmolen (132).

Au début du XVe siècle, le Cantermolen était fief du châte­lain de Bruxelles (133); un tiers passa en 1487 (134) à la ville de Bruxelles qui tiendra plus tard les deux autres tiers du châtelain de Bruxelles (135) et l'inféodera à son tour à diverses reprises (136), ou même l'affermera (137). C'est aux environs de 1757(138) que ce moulin fut réuni au Clapschette sans qu'on a perçoive les raisons de cette modification.

Mina MARTENS

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(114) A.V.B., Propriétés communales 9064, acte de vente du moulin en 1818. Le procès-verbal de 1857  (ib. Travaux Publics 33405) précise que cette «usine est située sur la Senne à environ 1.920  m.  en aval de l'origine à la branche droite, de la branche d'équilibre, située à droite, qui alimente le moulin de Bon Secours, ou, enfin, à 30 m. en amont du confluent des deux branches...

(115) Cf. A.V.B.,Travaux Publics 33405.

(116) Voir la fig. n° 4. Il est en général très difficile de situer avec certitude ces moulins à Bruxelles, d'autant plus qu'on est généralement en présenœ de deux moulins qui se font face (cf. ci-après p. 51) et que les textes sont généra lement peu précis quant aux données  topographiques. La localisation du moulin ducal à !'intérieur de l'île peut être prouvée  en fonctionde différents éléments. Tout d'abord, le moulin qui lui fait face, le Cantermolen, est situé contre une brasserie dite De Baert, dont la localisation  près de la rue de la Barbe d'Or, soit en Moelensteen voisin de la Hooghehuis (Cf. par ex. A.A.P.B. cartulaire de St-Jacques, H. 436, octobre 1358), situés l'un et l'autre dans la rue de la Petite Ile (Cf. HENNE et WAUTERS, op. cit.,p. 484) autrement dite «Ultra-Ambos Pontes» (cf. A.A.P.B., chartrier de Saint-Pierre, le 13 octobre  1348, rente assignée sur «tertiam partem molendinis silis  apud Overmolen ab opposito mansionis dicte  t'Hoegelhuys ultra Ambos Pontes», où s'est trouvée 'Plus tard l'impasse de la Haute Porte (HENNE et WAUTERS, loc. cit.), c'est à dire bien à l'intérieur du Clapscette près de ce bien se trouvent (voir entre  autre: van pachtingen van der molen tegenover t'Hooghuis geheeten de Clapschette, A.G.R., CC  30943, f° 5, de 1498, voir notes suiv.). Je remercie vivement M'me Bonenfant, archiviste de la Commission  d'Assistance publique de Bruxelles qui a eu l'obli­geance de me signaler plusieurs actes inté ressants après avoir fait de longues recherches. (117) C'est aux environs de 1432  (A.G.R., Cour féodale de Brabant, n° II, fo 39 v°) que le nom de Clapscllette apparaît.

(118) On trouve Clapscheite en 1500-1515 (ib. n° 18, f° 4), Clapscette en 1536, (ib. 4545, 20 novembre).

(119) En 1675, Slapscheetmolen (A.V.B., 1114), en 1711, Slapschytmolen (ib. liasse 677), HENNE et WAUTERS relèvent Slapsheere (loc. cit. p. 484; cf. A.G.R., greffes scabinaux de Bruxelles  4246, fo 1, 1669).

(120) GALESLOOT, Livre des feudataires..., p. 18: «Arnoldus Rex, de Bruxelles, molendinum aquatile, situm extra portam, in Bruxella, que vocatur Overmolenpoort ».

(121) Sur cette famille voir notamment P. BONENFANT, cartulaire de l'hôpital Saint-jean de Bruxelles, à la  table.

(122) Vers 1370 Arnould Rex détient «een watermolen buten de Over­molen porte te  Brussele»  (A.G.R.  Cour féodale de Brabant, n° 2, f° 12 v°); en 1432, il est  aux mains de Nicolas de  Saint-Géry (ib. n° Il , fo 39 v°)  dont un  membre de la même famille et  du  même  prénom le détient  toujours vers 1500 (ib. n°  1 8, f° 4): Her Claes van Sinte Goericx houdt eene watermoelen gelegen binnen der stat van Bmssel ter stat geheiten  ter Overmoelen comende mitter eenre zijden tegen de riviere vander Zennen ende de moelen geheiten den Baut der stadt toebehoerencde, mitter andere  zijden comende vore ter straten aende steynen bmgge aldair ende tegenover die comme geheiten tHoogehuys, welke voirs. watermoelen geheiten is de Clapschette: cf. mention analogue, mais antérieure (ib. 24, f° 4).

(123) «Peter vander Eycken bij coepe jegen her Clase van Sinte Goerix gedaen XIIIc XLII hout   de watermoelen buten der Overmoelenpoirte tot Bruessele gelegen geheiten die Clapschette» (ib. 11, f°39 v°).

(124) Le 8 septembre 1453 Philippe le Bon investit la ville de Bruxelles d'un moulin à eau  situé hors de la porte d'Overmolen, moulin que vend à celleci Pierre van der Eycken (ib. 121, f° 258, analysé par GALESLOOT, Inventaire de la cour féodale de Brabant, t. 1, p. 150). Le nom de Pierre vander Eycken qui a acheté le Clapschette en 1442 (cf. note précédente), ne laisse aucun doute sur l'identification du moulin. Il s'agit donc bien d'un arrière-fief tenu par la ville, le moulin du duc étant relevé par la famille de Saint Géry.

(125) Le 20 novembre 1536: déclaration de la ville de Bruxelles pour ses fiefs en ville consistant en  deux moulins à eau, dont «eene molen gehouden tot eenen vollen leene van myn genadigen  heere den hertoge van Brabant geheeten de Clapscette gelegen tegenover t Hoochuys (ib. 4535,   analysé par GALESLOOT, op. cit., t. II, p. 234). Différents affermages de ce moulin  se retrouvent, en  1596  (A.V.B., 304, f° 36), avant 1622 (ib. 305, f° 32), en 1622 (ib. 306,  f° 19  v°).

(126) A.V.B., liasse 676 (généralités, mai 1757).

(127) En effet, l'acte signale une demande relative au remplacement de l' Achtermolen du Baertmolen en Creupelmolen (cf. ci-après n. 138).

(128) «Den Slapscheetmolen achter den Baertmolen» (A.V.B. 1114, 1675). En fait on le désigne sous le nom de moulin de devant par opposition au moulin tenu par les Saint-Géry (cf. ci-avant p. 27): «pars  molendini ... nuncupati de Vorstemolen sita apud 0vermoelen ultra Ambos Pontes ibidem existente in opposito molendirzi  domini Nycholai de  Sancto Gaugerico ibidem supra Zennam contigne vico ibidem»  (A.A.P.B., itres divers de l'hôpital Saint­ Jacques 1435, 24 juillet 1433), tandis que le moulin des Saint-Géry se verra parfois appliquer le nom de moulin de derrière (A.V.B., liasse  676, généralités en 1757)

(129) Cette brasserie est citée notamment le 5 juillet 1381 (A.A.P.B., B 665, Pauvres de Saint-Géry), le 27 février 1391 n.s. (A.V.B. Chartes de Bruxelles).

(130) Cette rue était appelée autrefois  du Chant d'Oiseau, Derrière la Barbe ou Petite Grille (cf. HENNE et WAUTERS, op.cit..491. En 1765 (A.V.B., liasse 676, à la date du 28 janvier) un acte signale que le moulin est situé «over de bromverye den Baert in de straete om te gaen naer de Sespenninckstraete offte  Swertssusters».

(131) Le nom apparaît tout d'abord dans l'analyse du cartulaire des Pauvres de Saint-Géry  (A.A.P.B., B 665, n° 65), 21 juin 1413 (cf. n. 133), mais n'est pas cité dans l'acte proprement dit. Le nom se retrouve régulière­ment inscrit dans les actes de la pratique notamment en 1487 (cf. note 134). Cf. aussi HENNE et WAUTERS, op. cit., p. 484.

(132) Voir notamment en 1654 (A.V.B., 1114) et ci-après n. 135.

(133) Le 21 juin 1413, en présence de la cour féodale du châtelain de Bruxelles, Daniel de Bouchout, s'opère  la cession d'une rente d'avoine «op een watermoelen gelegen te Brussele over beyde de bruggen ter Overmolen jegenover eenen huyse geheten den Baert. (A.A.P.B., B 665, n° 65).

(134) A la date du 16 juin (A.V.B., XXIII, f° 187 v° et 188), la ville  reçoit t'derderdeel van eener molen... geheeten tsCantersmolen gelegen ter Over­molen over de brugge aldaer tegenover thuys geheeten den Baert" (cf. même mention dans deux actes de cette date).

(135) Cf. HENNE et WAUTERS, op. cit. p. 484. Différentes preuves de cette dépendance féodale se retrouvent dans les textes: le 20 novembre 1536 (A.G.R. Cour féodale de Brabant, 4535) où il est reconnu "item noch eenen molen geheeten sCantersmoelen dairaf de twee deelen leen zijn gehouden VOV1 den borchgreven van Bruessel ende tderdendeel es eygerzoel». Le 20 sep­tembre 1669 (ib. Greffes scabinaux de l'arrondissement de Bruxelles, 4246, p. 1), même déclaration: ierst die stadt van Brussele daeraff sterfman is Joos van Yssche sone Stevens, hout tot een volle leen van den heere erffborghgrave der stadt van Brussele die twee deelen van eenen molen gelegen inde selve stadt, ter plaetsen  geheeten ter Overmolen den welcken by aude  tyden geheeten was Sandersmolen (sic) met twee hofsteden ende huijsen daeraen gelegen, ende alle  andere sijne toebehoorten gelegen over beyde de brugghen nu ter tijt geheeten den molen voor den Baert, op welcke goeden nu ter tydt staende offe hangende syn twee molens, daeraff den eenen geheelen is den Baertmolen, commende aende goeden jans de Kempener ende en anderen molen liggende over die andere zijde van de reviere, is geheeten de Slapscheere ende is liggende tegens den smoutmolen competerende jan van Cutsem.

(136) Le 20 septembre 1669, c'est Henri de Reest qui reçoit les biens en fief au profit de la ville (ib. f° 1, cf. également A.V.B., 1261, 14 février 1669 et 13 septembre); le 30 mars 1678, c'est Jacques  tServranc:x  (ib., f° 1 v°).

(137) On peut citer entre autres: en 1596 (A.V.B., 304, f° 35 v°), en 1648 (ib. 785, f° 306), en mai 1666 (ib. 1259, f° 127 v°), le 28 janvier 1765 (ib. liasse 676).

(138) Nous avons cité l'acte par lequel le moulin de derrière (achtermolen) est déclaré devoir être changé en creupel molen (cf. ci-avant n. 127). En 1785 le Baertmolen est seul signalé comme moulin à eau et on ne cite plus le Clapschette (ib. 1013, f° 440). Enfin, en 1818 seul le moulin de la Barbe est cédé par la ville (ib. Propriétés communales 9064), comme il  fait seul l'objet d'expertise en 1857 (ib. Travaux Publics, 33405).

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De Baert-, Canter-, Klapschette-, Clapscheet- of Barbiermolen werd voor 1413 als korenwatermolen opgericht op de Zenne aan de Baertbrug. Later kwam op de andere oever ook een molengebouw, zodat een dubbelmolen ontstond.

- De Cantermolen was eigendom van de kasteelheer van Brussel die hem in leen gaf. Tussen 1600 en 1650 kwam dat leen in handen van de stad Brussel
- De Clapscheetmolen, gelegen op de Zenne in de Klein Eilandstraat, was een graanmolen die eigendom was van de Hertog van Brabant die hem sinds 1312 in leen gaf an de familie Rex of Coninc van Brussel. Daarna kwam hij in handen van de familie Sint-Goriks en in 1453 van de stad Brussel. Vormde rond het einde van de 13de eeuw slechts één bedrijf met de Cantermolen.

Eigenaars na 1830:
- voor 1834, eigenaar: Servaes Jozef Ferdinand, molenaar te Brussel
- 28.06.1859, verkoop: Donckelaer-De Bontridder Henri, de weduwe, eigenaarster te Antwerpen (notaris Vergote)
- 30.05.1867, verkoop: Westen François, eigenaar te Brussel (notaris Lagasse)
- 12.08.1869, onteigening: Stad Brussel (vonnis)

In 1866 werd gemalen met water- en stoomkracht. Bij de overwelving van de Zenne in 1869 werd de molen door de stad Brussel onteigend en in 1872 afgebroken.

Bijlagen

Paul Lindemans, "Stadsmolens in oorlogstijd (1637)", Eigen Schoon en de Brabander, XXIV, 1951, p. 50.

De pachters van de stedelijke molens van Brussel, maakten er hun beklag van dat zij in 't jaar 1637 geen profijt hadden gedaan. «Mits tbelegh van de stad Breda, begonnen op 21 Juli 1637, en geduurd hebbende tot 10 October 1637», had de goeverneur van het garnizoen van Brussel « in het aencommen van den vijant », het water in de vesten doen houden en verboden « mette watermolens te maelen om de stadt beter te bevrijden... » - De windmolens waren door de vijand afgeschoten. Men was verplicht geweest te malen met «rosmolens»,  wat ook schade was voor de pachters van de molens, «hebbende daervoor moeten houden 21 paerden», als wanneer zij anders slechts 3 of 4 «kerrepeerden» houden voor de uitvoer van het meel.

(Rijkarchief Brussel, Notariaat, nr 4424.)

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C. Dickstein-Bernard, "La gestion financière d'une capitale à ses débuts: Bruxelles, 1334-1467", Annales de la Société royale d'Archéologie de Bruxelles, LIV, 1977, p. 77-81 (Les moulins).

Les moulins. Le 14 juin 1393 déjà la Ville de Bruxelles a pris à cens le moulin à eau ducal situé à Obbrussel (233). Mais c'est après 1450 qu'elle paraît marquer un intérêt particulier pour ce type de bien : elle acquiert d'abord le 22 juin 1452 les deux moulins du Driesmolen, rue des Six Jetons (234 ), puis, par deux actes du 28 septembre 1452, deux tiers du moulin Serrewerre, rue des Poissonniers (235). Enfin l'année 1453 va lui offrir l'occasion d'acquérir en une fois six moulins ducaux et le tiers restant du Serrewerre. Le duc ayant besoin d'argent pour mener une expédition contre les Gantois révoltés aliène certaines parties de son domaine aux villes: Louvain et Anvers choisissent de racheter en tout ou en partie la redevance qu'elles paient pour l'octroi des assises et Pierre rachète diverses parties de cens et rentes, ce pourquoi elles dépensent respectivement 5200, 9671 et 470" (236). Mais Bruxelles, elle, paie 16.200 <> et acquiert l'Achterstemolen, le Moutmolen, le Vorstemolen, le Ruismolen, le dernier tiers du Serrewerre, le moulin situé hors ville Ter Nuwermolen, et le moulin de Saint-Josse-ten-Noode. Rachetant le cens dû pour lui, elle devient propriétaire du moulin d'Obbrussel pris à cens en 1393 (237). Le 8 septembre enfin, Philippe le Bon met la Ville en possession d'un moulin situé hors de la porte d'Overmolen, le Clapschette, que lui vend Pierre van der Eycken, gruyer de Brabant (238). Tous sont des moulins à grain. Sans doute avons-nous affaire à des achats systématiques à une véritable politique d'acquisition.

Jusqu'en 1430, Bruxelles paraît avoir, comme les autres villes, procédé à la constitution de stocks de grain qu'elle vendait à ses habitants en cas de .. financières (239) elle y ait temporairement renoncé (240). Un fait est certain, au moment de la grande disette de 1438 la Ville doit faire acheter du grain en Hainaut par la table des pauvres de Sainte-Gudule, qui le revend ensuite aux habitants (241 ). C'est que la constitution de réserves ne va pas sans difficultés; indépendamment du manque chronique de disponibilités financières dont souffre la Ville, le grain acheté en cas de pénurie peut être de mauvaise qualité (242). Le transport du grain étranger jusqu'à Bruxelles coûte cher (243) et pour cette raison, le duc l' affirme en 1436, la ville est mal approvisionnée à cet égard. Le marché local n'offre peut-être pas toutes les facilités nécessaires pour la constitution des stocks (244). Sans doute l'acquisition de moulins par l'administration communale n'améliorait-elle pas directement la situation pour les habitants, mais elle permettait à la Ville la constitution aisée, régulière, et sans frais de réserves de grain grâce à l'affermàge en nature (245); ces stocks pouvaient être écoulés ensuite en cas de disette. L'argument financier n'était pas négligeable non plus : la vente de grain par petites quantités procurait à la trésorerie urbaine un peu de l'argent liquide dont elle a, dès ce moment, constamment besoin. Si en 1453. d'ailleurs, au moment où la Ville les acquiert, les moulins ducaux sont généralement affermés moyennant du grain (dont un tiers de froment) et de la cire (autant de livres de cire que de muids de grain), l'un d'entre eux au moins, le Moutmolen ou moulin à brai, est affermé en espèces et produit un confortable revenu.

Peut-être est-ce un besoin d'argent liquide encore plus pressant qui détermine la Ville à modifier brusquement sa politique (246): le 13 mai 1456, elle décide que dans tous ses moulins que les receveurs affermeront, à l'exception du Moutmolen, le paiement du meunier par ses clients (et donc le sien propre par le meunier) se fera en espèces (247).

Mais le 15 mars 1459 n.s. on en revient à l'affermage en nature. Dès lors du grain sera stocké dans les greniers communaux, puis vendu aux habitants suivant les nécessités. Le produit des ventes servira au rachat des rentes perpétuelles qui accablent la Ville (248). Un an plus tard cependant un premier moulin, celui de Saint-Josse, est restitué au duc; les autres suivent en 1469. Ils avaient été entièrement remis en état par la Ville entre 1454 et 1460 pour la somme de 90 livres de vieux gros (249).

A la fin du siècle, Bruxelles reste en possession des deux moulins du Driesmolen, de deux tiers du Serrewerre, du Clapschette, du Cantermolen acquis en 1487 (250) et d'un moulin à vent (251).

Elle possède encore deux moulins à huile (252). Entre 1453 et 1469, elle a détenu aussi le droit de «gruyte» levé aux moulins à brai ducaux d'Obbrussel, Anderlecht et Forest, ainsi que le droit perçu sur les bières foraines dans le premier village (253).

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(233) A.V.B., XXIII, f° 103 r° v°

(234) M. MARTENS, Moulins ... , p. 33. L'acte d'acquisition est contenu dans A.V.B., XXIII, fo 166; des rachats de rentes par la Ville, en date du 3 janvier 1453 n.s ., font l'objet d 'un acte figurant ibidem, (0 167.

(235) M. MARTENS, op. cit., pp. 23-24. Les actes figurent dans A.V.B., XXIII, fos 159 v° et 160.

(236) Voir plus loin, p. 137.

(237) Pour les moulins en ville, voir M. MARTENS, op. cit. Le moulin dit Ter Nuwermolen se trouvait hors ville, sur le territoire d'Obbrussel (HENNE et WAUTERS, op. cit., t. IV, p. 239. WAUTERS, Environs ... , t. III, pp. 559-560). L'acte figure dans A.V.B., XXIV, f0 58. Cf. supra, n. 188.

(238) L. GALESLOOT, Inventaire des Archives de la Cour féodale, n° 121, pp. 150-151.- M. MARTENS, Moulins ... , p. 26, n. 124.

(239) Voir plus loin, p. 158.

'(240) Avant le 28 novembre 1430, il existe un gardien-vendeur du grain de la Ville dont a charge est alors supprimée (A.V.B., XVI, f° 135). En vendant du grain, à Bruges, le Magistrat a essentiellement pour but de procurer du blé à un prix raisonnable à la population pauvre (M.-J. TITS, La formation des prix ... , p. 176). Il constitue donc des réserves, qu'il vend petit à petit pour faire tomber les prix. Bruxelles pratiquait sans doute la même politique. Concernant les achats de blé par les villes: ibidem, annexes, pp. 331 et suiv., où aucun achat n'est signalé pour Bruxelles. Voir également P. SCHOLLIERS, Levenstandaard ..., p. 266. H. VAN DER WEE, The growth ..., t. Il, p. 69. Les sources concernant les ventes pour Bruxelles sont peu nombreuses. Elles se limitent, pour la période étudiée, aux chroniques B.R. 11.641 f° 180 et suiv.) et 17. 120 (VAN DEN GHEYN, Catalogue ..., t. VIII, nos 5834 et 5837, p. 387 - citées par HENNE et WAUTERS, op. cit., t. I, p. 214), qui mentionnent des ventes en 1450 à 8 "Stuvers" le setier, vu «le prix du grain" (12 "Stuvers" le setier) et la grande misère ... A 3 d. de Brabant le "Stuver», ce prix correspondait donc à 144 d. le muid, au lieu de 216. Le rype de grain vendu n'est pas précisé, mais vu les prix indiqués par M.-J. TITSDIEUAIDE pour ces années 1449-1450 et 1450-1452 (op. cie., Annexe 3), il ne pourrait s'agir que de froment! Notons que ces chroniques contiennent de nombreuses erreurs (cf. infra, n. 238, p. 161).

(241) A.A.P.B., B. 356, 1438-1439, f0 48.

(242) Mauvaise qualité du grain acheté en temps de disette: cf. l'achat d'orge zélandaise mouillée en 1481-1482. Cette céréale pose ens uite à la Ville de gros problèmes de conservation: A.G.R., C.C. 30.942, p. 153.

(243) Bruxelles n'est pas située comme G\lnd sur un fleuve, et ne dispose pas comme elle d'une étape (pour Gand, voir M.-J. TITS-DIEUAIDE, op. cit., pp. 146 et suiv.). La Senne est une rivière malaisément navigable, et vers le Nord seulement. Or une partie du grain vient du Hainaut : cf. un acte du 20 janvier 1422 n.s. publié par F. FAVRESSE, Actes inédits ... , n° 23, pp. 76 et suiv. (§ 8), l'exemple cité à la note 241, et un acte ducal du 19 novembre 1436 publié par A. WAUTERS, Documents concernant le canal .. . , p. 1. Ce dernier précise que le transport se fait par terre, ce qui est coûteux (concernant son prix, voir G. SIVERY, Les comtes de Hainaut ... , pp. 132 et suiv.). Une autre partie des grains vient du Nord ou par le Nord, via Anvers et Malines, d es céréales de brasserie notamment : A.V.B. , IX, f° CXLI (155). A la fin du siècle, la Ville a dans ses greniers de l'orge zélandaise (voir note précédente). Or, à plusieurs reprises, des bateaux de grain sont saisis par les Malinois (voir plus loin, p. 156, n. 211 ). Entre avril et octobre le trafic sur la Senne est difficile (infra, p. 159). Importation de blé dans l'espace brabançon en général, voir M.-J. TITS-DIEUAIDE, op. cit., pp. 144 et suiv.

(244) Octroi ducal pour l'aménagement de la Senne en direction du Sud, 19 novembre 1436, cité dans la note 243 ci-dessus.

(245) Le meunier moud "au douzième tonneau", qu'il prélève à son profit sur les quantités apportées à son moulin (16 avril 1385 (A.V.B., IX, f° CLXXVI (189) v°)). Sur un usage similaire à Louvain, cf. R. VAN UYTVEN, Stadsfinanaën . .. , p. 272. Le meunier livre ensuite à la Ville une partie de ce grain pour prix de sa ferme.

(246) En ce qui concerne la situation de la Ville de Bruxelles vers 1450, voir plus loin, p. 180). Il faut remarquer que Louvain, en bien meilleure posture financière à cette époque, n'utilisera pas ce système. Les moulins situés dans la ville restent aux mains de quelques familles patriciennes, cf. R. VAN UYTVEN, op. cit., p. 271.

(247) La décision ne vaut pas pour le Moutmolen, probablement parce qu'il est déjà affermé en espèces; l'acte figure dans A.V.B., IV, f°s 174 n° 175. Cf. DES MAREZ, op. cit., p. 241.

(248) A.V.B., IV, fo 184 r°- v° - IX, f°s CLXXXII et suiv. (195). Le cartulaire A.V.B. IX, f° CXCV (207) v° et suiv. contient l'inventaire établi en mai 1464 de la "provande in rogge" dans les différents greniers de la Ville. Le grain est conservé dans l'écluse à la porte de Laeken, dans les portes de Flandre et d'Anderlecht, dans trois greniers à l'écluse de la Blanchisserie, au moulin à huile d'Anderlecht, dans cinq greniers à la porte d'Obbrussel, à la tour dite Wollendrieschtorre, à l'hôtel des monnaies, dans trois greniers de la porte Sainte-Catherine, et même à l'hôtel de ville. La Ville dispose à ce moment de 2918 muids et 2 setiers d'orge (à 292, 549 litres le muid: cf. M.-J. TITS-DIEUAIDE, La conversion des mesures anciennes ... , p. 73). Les comptes de la fin du XVe siècle se terminent d'ailleurs par l'inventaire du stock, établi par les receveurs sortants.

(249) La remise en état est adjugée le 25 novembre 1454 à deux entrepreneurs pour être effectuée en six ans, à raison de 54 lb. de Brabant par an de dépense, soit au total 324 de ces lb. en 6 ans (A.V.B., IX, f° CLIIII r° v° (167) et suiv.). M. MARTENS, Moulins ... , p. 17, considère que le contrat avec ces deux entrepreneurs est un comrat d'affermage. S'il en était bien ainsi, la Ville recevrait les 324 lb. au lieu de les décaisser. En outre, le texte qualifie bien de "wercmeesteren" Guill. Gorijs et .. Ard. van Yseren qui obtiennent l'adjudication. Le premier des deux d'ailleurs est charpentier de moulin, au service de la Ville d'après un acte ducal du 22 juillet 1453 (procès-verbal d'expertise des moulins ducaux lors de leur cession à la Ville. A.G.R., Chartes de Brabant). Circonstances de la restitution: voir plus loin, p. 138.

(250) Acquisition du Cantermolen: M. MARTENS, Moulins ... , p. 27. A.G.R., C.C. 30.942, pp. 35-36: les moulins Clapschette et du Driesmolen paient en seigle, le moulin d'Obbrussel en espèces (1485-1486). En 1497-1498, les mêmes plus le Cantermolen paient en nature, les autres en espèces (C.C. 30.943 , f° 5 r°).

(251) A.G.R., C.C. 30.942, p. 36. On ne sait comment la Ville l'a acquis. Il est cité encore en 1497-1498 (C.C. 30.943, f° 5 r°). HENNE et WAUTERS, op. cit., t. Il, p. 456 n. 1, citent trois de ces moulins, sans localisation ni dace.

(252) A Vilvorde: cité en 1454 dans A.V.B., IX, f° CLIIII (167), et à Obbrussel, cité en 1464 (A.V.B., IX, f° CXCV (207) v°).

(253) L'acte du 9 juillet 1453 mentionne la vente à la Ville de cous les droits attachés au moulin à brai - Moutmolen - d'Obbrussel, ainsi que du "gruycgelde" et du droit des «buyten bieren" à cet endroit. Mais il ne fait aucune allusion à la vente des droits levés dans les deux autres moulins. De même le registre de la Chambre des Comptes contenant la Déclaration des terres ... engaigiees et aliénees du domaine de Brabant" (A.G.R., C.C.17, f° 260 v°) mentionne  le moulin au bray en ladite ville avec les appartenences, ensemble les droiz ou moulin au bray à Obbrussel et le gruytgelt illec et des servoises fouraines. Les comptes du receveur ducal du quartier de Bruxelles montrent que la Ville a perçu néanmoins les droits sur les trois moulins, peut-être parce qu'au moment de la cession, ils étaient affermés ensemble depuis le 24 juin 1452 et pour trois ans et demi au même Jean de Vriendt (pour la somme dérisoire de 5 s. tolgeld.: A.G.R., C.C. 41 76 et suiv.). Le «gruytgeld" est défini par KAUCH, L'administration et le contrôle des finances ..., pp. 64-65. Il s'agit initialement d'un droit sur la fabrication de la bière, qui devient ensuite un droit sur la vente. Il frappe la bière locale et aussi les bières importées. Cf. d'ailleurs les lettres patemes de Philippe le Bon datées du 21 octobre 1440, investissant Guill. van Herve de la Dommelen etc., plus la «gruyte» des bières étrangères qui entrent audit village (GALESLOOT, Inventaire ... cour féodale ..., c. I, p. 33).

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<p>Baertmolen<br>Cantermolen<br>Klapschettemolen<br>Slapscheetmolen<br>Barbiermolen<br>Moulin de la Barbe<br>Moulin des Barbiers</p>

Schilderij van Jan-Baptiste Van Moer (Brussel, 1819-1884), ND Phot., Bruxelles

<p>Baertmolen<br>Cantermolen<br>Klapschettemolen<br>Slapscheetmolen<br>Barbiermolen<br>Moulin de la Barbe<br>Moulin des Barbiers</p>

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Laatst bijgewerkt: zondag 27 maart 2016

 

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