Molenzorg
Brussel, Brussels Hoofdstedelijk Gewest

Foto 1867. Foto Louis Ghémar 1867 (Stadaarchief Brussel)
Collectie
Verdwenen Belgische Molens
Naam

Molen van Goede Bijstand
Overmolen
Zwaanmolen
Ezelmolen
Schorsmolen
Timmermansmolen

Ligging
Klein Eiland
1000 Brussel

Meulderssteeg / Passage du Meunier
Entre les deux Ponts
nabij de O.L.V. van Goede Bijstandkerk
op de (nu overwelfde) Zenne
kadasterpercelen H24 en H26


toon op kaart
Type
Onderslag watermolen
Functie
Korenmolen, schorsmolen
Gebouwd
voor 1346
Verdwenen
1870, sloop
Beschrijving / geschiedenis

Le Moulin de Bon Secours.

Le moulin de Bon Secours était situé autrefois à 40 m. en aval de la tête de pont de Bon Secours (139). Lorsqu'il fut racheté par la ville de Bruxelles en 1862 (140) pour être bientôt démoli en vue des travaux d'assainissement de la Senne, il n'était plus représenté que par un seul moulin, alors qu'il en comptait deux au trefois. Au XVIIIe siècle, ces deux moulins s'appelaient le Ezelmolen ou moulin de l'Ane et  le Zwaenmolen ou moulin du Cygne. Avant cette époque, il est très difficile d e refaire l'histo­ rique  de ces deux moulins, vu la rareté des mentions les  con­ cernant. De plus, Henne et  Wauters émettent l'hypothèse que le moulin appelé, au XIXe siècle, Bon Secours, serait le  moulin qui aurait donné  son nom au  quartier d'Overmolen (141), quoique ce dernier nom ne soit  jamais accolé à  celui d'un  moulin dans les textes (142). Enfin, le nom de Bon Secours appliqué au moulin doit dater du début du XIXe siècle  (143).

g. Ezelmolen ou moulin de l'Ane.

Il est fait mention, dès 1346, dans les registres de cens du duc de Brabant à Bruxelles d'un moulin situé «buten den Over­ molenpoerte bi der statmure van Brucele » (144). En 1347 (145) 31 tanneurs de Bruxelles prennent à cens du duc un moulin éga­lement localisé là (146).

Si les moyens d'identification sont  minces d 'après œs textes, par contre le plan de Braun et Hogenberg présente deux roues de moulins dont  l'une touche à une maison accolée aux murs de la  première enceinte de la ville (147). Il ne semble donc pas trop hasardeux de localiser le moulin, loué par les tanneurs au duc en 1347, avec celui des deux moulins le plus voisin du mur d'enceinte, celui que notre acte situe près des murs.

Ce moulin, comme son vis-à-vis, a dû resterlongtemps entre les mains des tanneurs; en 1695 (148), ceux-ci étaient toujours en possession des deux usines proches de Notre-Dame de Bon Secours (149); en 1741, le meyer des  tanneurs enregistre (150) la location de deux moulins voisins de l'hôpital Saint-Jacques (151), donc l'Ezelmolen (152). Or, depuis la fin du XVI., siè­cle (153), une brasserie dite  l'Ane (154),existait près des rem­parts (155).

Il  ne semble donc pas hasardeux d'identifier le premier moulin proche  des rempares, relevant du domaine ducal, avec le Ezelmolen, déjà lui-même situé par rapport à Bon Secours (156). De plus, ne faut-il pas l'identifier aussi avec un Scorsmolen dont on trouve des mentions  entre 1374 et 1498 (157), dont la loca­lisation est peu précise (158), mais dont le nom, moulin à écorses (159), rappelle une utilisation par les canneurs? (160).

b. Le Zwaenmolen ou moulin du Cygne.

le moulin opposé au Ezelmolen  se trouve à l'intérieur de la petite île (161) et cité tout d'abord sous le nom de Timmermans­ molen en 1346 (162). Si l'on sait que c'est aux environs de 1432  (163) que les tanneurs en  firent  usage, ce n'est  qu'en 1669 (164) qu'on s'aperçoit qu'il  s'agit d'un fief de la châtel­lenie de Bruxelles (165). Or, au XVe siècle, il porte  toujours son nom  de Timmermansmolen, alors qu'on le situe au XVIIe  siècle en rapport avec la brasserie  dite  le Cygne  (166), dont il prendra le nom plus tard (167). Il est  néanmoins probable que ces deux noms  s'appliquent  au  même  moulin, avec localisation identique dans le quartier Overmolen, et situation similaire vis-à-vis du Ezelmolen.

Au moulin de Bon Secours « La roue motrice est fixée en aval de la vanne d'abée, son axe fixé  sur le mur constru:t dans la rivière en aval et contre le monllant  de gauche de la vanne d'abée: (ib. 33403); au moulin de la Barbe «l'axe est fixé sur un mur large de 0,50 m. construit dans l a rivière :., «vis-à-vis et joignant le montant intermédiaire  de droite du barrage et en  aval de  celui-ci  un mur épais  de 0,50 m construit dans la rivière, divise le biez de décharge sur la largeur» (ib. 33405).

Mina MARTENS

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(139) Archives de la Ville de Bruxelles (A.V.B.), "Travaux Publics", 33403, procès-verbal de 1857 donnant d'ailleurs plus ete précision: «cette usine est située sur la Senne à environ 1.974 m. en aval du Nieuwmollen, 160 m. en aval de rodgine de  la branche d'équilibre  sur laquelle le moulin est établi, ou à environ (texte cité ci-dessus) ...ou enfin, à environ 30 m. en amont branche droite où est établi le moulin des Barbiers».

(140) lb., Travaux Publics 32698.

(141) Op. cit .,p. 483-484, avec renvoi à l'acte déjà cité de la seconde moitié du XIIe siècle.

(142) Sans doute, le nom lui-même  évoque-t-il celui d'un moulin. Toute­fois, je n'ai jusqu'ici relevé  aucune fois le vocable  appliqué  à un moulin, mais bien à tout le quartier de la porte Saint-jacques dite  Overmolen (HENNE et WAUTERS, op. cit., p. 163).

(143) Il est signalé dans un actede 1808 (A.V.B., Actes administratifs, vol. 6, f° 83) à propos d'une  pétition relative à un changement du Passage du Meunier près de ce moulin (cf. encore la même affaire, f° 93).

(144) A.G.R. CC  44825, f° 66 v°, formule qu'on retrouve  avec quelques va riantes,  telle  que «  bi der  molen bi den mure buten der 0vermolen poerte» (ib. f°9 v°) cf. aussi 44826, f° 15  v°; 44827, f° 14 v° etc.).

(145) lb. CC 44825, f° 66 v°, du 23 mars 1447 n.s.

(146) L'acte a été signalé par HENNE et W AUTERS,  op. cit., t. II, p. 162 et  sans  réf érence par DES   MAREZ, Organisation du travail à Bmxelles au XVe siècle, Bruxelles, 1906, p. 19.

(147) Cf. fig. n° 3.

(118) A.G.R. Corps des métiers et serments, tanneurs, 928, acte du 31 décembre.

(149) Le texte spéc:fie: «twee molens gelegen binnen deser stadt bij capefle van Onse Lieve  Vrouwe van Bijstant» (ib.).

(150) lb. 27 janvier.

(151) Sur celui-ci  cf. P. BONENFANT, cartulaire Saint-jean ,p. VIl.

(152) «Eselmolen ende Swaenmofen bij Sente jacobs gasthu ys » (loc. cit.)).

(153) A.G.R., CC 44834, f° 35, 1599; cf. aussi CC 44836, f° 198.

(154) «noest de brouwere geheeten den Ezele» (ib.).

(155) HENNE et WAUTERS (op.cit., p. 483) signalent qu'en 1358 la ville fit l'achat d'un bien proche de  I'Overmolen et des remparts où s'établit plus tard la brasser:e dite l'Ane.

(156) Cf. n. 150.

(157) Le 20 mars 1374 (A .V.B. chartes de Bruxelles ad dat.) un bien situé «extra portam dictam  der  Overmolen ant e molendintlm dictum de Scors­molen et vadum ibidem»; en 1403 (A.G.R., CC  4162, f° 14 v°)  le receveur ducal de Bruxelles inscrit  dans son livre «vanden ambacht van de hudevetters die gecocht ende verdinght hebben van haren pachte vander Scorsmolen». moulin pour lequel les tanneurs payent un cens héréditaire (ib. f° 62v° men­tion que l'on retrouve les années postérieures, voir par ex. CC 41 65, CC 44830, f° 20: CC 4175, compte de 1446; CC  4188, f° 93  compte de 1489, etc.). Des biens sont  situés dans son voisinage (voir par ex. A.A.P.B., B 665, n° 64, 6  février 133 n.s. et B 669, f° 50 v°). Cf. note suivante.

(158) On le situe simplement dans le  quartier d'Overmolen, proche du gué : vadum en 1374 (cf. n. 157),  waterschap en 1446 (A .V.B., XXI H, f° 71) mot qui s'appliquerait peut-être à une partie du moulin  proche du Clapscette? Sur waterschap (cf. VERWIJS et  VERDAM, t. IX, p. 1.830), sur vadum (cf. DU  CANGE, op.cit, t. VI, p. 722).

(159) Le Scorsmolen est, en effet, un moulin où l'on fait moudre les écorces nécessaires aux tanneurs  pour apprêter les  peaux (cf. VERWIJS  et VERDAM, op. cit., t. VII, p.  679).

(160) La mention d'arrentement du moulin par les tanneurs ayant eu lieu en  1347 (cf. ci-dessus n.157), il  ne serait pas étonnant que le nom du moulin ait été transformé en raison de son nouvel  usage. Enfin, rappelons que ce sont encore les tanneurs  qui disposent du Ezelmolen (cf. n.  152).   

(161)  Cf. fig. n. 4 et voir aussi n.166.

(162) Un bien  est situé  «buten der Overmolen poerte tuschen Timrner­mansmol en ende de brugghe» (A.G.R., Chambre des Comptes (CC), 44825, fo 9 v° et mentions analogues, en 1382, CC 44826, f° 15 v°, CC 44827, f° 14 v° et suiv.).

(163) «tusschen Timrnermansrnolen die nu de hudevetteren houden ende brugge» (ib. OC 44830 f° 20 v°).

(164) A.G.R. Greffes scabinaux, arrondissement de Bruxelles, 4246, p. 4: het huyvettersambacht deser stadt Brussele heeft op den 22 februarii 1669 ..tot eenen vollen leene ontfaen eenen molen gelegen ter Overmolen binnen deser stadt, tegens die stadtmueren die welcke alsnu siin staende beneffens die huysingen van Sher jacobs ende ooclc aende huysingen toebehoort hebbende Peeter Huybrechts ende alsnu den heere advocaet Kerrenbroeck in d'een zijde, ende metier andere sijder aen seker gemeynsfraetlcen den voorschreven ambachte ende die brouwerye die Swane genoempt aengaende, commende oock aende selve brouwerye geheeten de Swaene ...

(165) Cf. HENNE et WAUTERS, op. cit., 483 et WAUTERS, Histoire des environs de Bruxelles, t. Ill, Bruxelles 1855, p. 326-327.

(166) Cf. mention citée n. 164. Le nom de cette brasserie  s'est conservé dans celui de l'allée  du Cygne  donnant  dans la rue de la Petite Ile (cf. plan de la ville de  Bruxelles de 1812 de Jacowik, où sous le n° 39 se trouve figurée cette allée). Elle est aussi reproduite sur le plan de Bruxelles dû à d'Archambault (A.V.B., plan grand format n° 2, plan parcellaire).

(167) Swaenmolen en 1741 (A.G.R. Corps des métiers et serments, tan­neurs, 028).

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Deze korenwatermolen met onderslagrad op de Zenne had veschillende namen: Molen van Goede Bijstand, Overmolen, Zwaanmolen, Ezelsmolen, Schorsmolen en Timmermansmolen.

Hij was gelegen op de (thans overwelfde) Zenne, op Klein Eiland, op ongeveer 40 meter stroomafwaarts van de brug van Goede Bijstand, nabij de Onze-Lieve-Vrouw van Goede Bijstandkerk aan de Kolenmarkt.

De molen werd voor 1346 opgericht. In de "Livre des Feudataires", een uitgave van een kopie uit ca. 1350 die de leenmannen van na 1312 vermeldt, lezen we: "Arnoldus Rex (zoon van Arnoldus Rex sr., - het betreft in feite de familie De Coninck), de Bruxella, molendinum aquatile, situm extra portam, in Bruxella, que vocatur "Overmolenpoort".

Ook nog voor 1346 ontstond een watermolen op de andere oever, zodat een dubbelmolen ontstond:
- de Timmermansmolen die in de 18de eeuw de Zwaenmolen werd genoemd, naar de naam van een nabijgelegen brouwerij. Deze brouwerij stond op de oever tegenover de kerk van Goede Bijstand. Deze graanmolen was eigendom van de kasteelheer van Brussel die hem in 1669 in leen gaf aan de leerlooiers van Brusel, die hem inrichtten als schorsmolen. Beschoten in 1695. Vormde later eenzelfde bedrijf met de volgende molen. Was op het laatst een korenmolen.
- de Overmolen, gelegen nabij de huidige O.L.V. van Goede Bijstandkerk. Werd ook Ezelmolen geanaamd naar een nabijgelegen brouwerij. Was eigendom van de hertog van Brabant. Was in 1347 in huur gegeven aan de leerlooiers, die hem omvormden tot een schorsmolen. Vormde later eenzelfde bedrijf met de vorige molen. Was op het laatst eveneens een korenmolen.

Eigenaars na 1830:
- voor 1834, eigenaar: Servaes Jozef, molenaar te Brussel
- 28.06.1859, verkoop: Servaes-Heremans Jozef Ferdinand, de weduwe, molenaarster te Brussel (notaris Vergote)

Het molengebouw op het perceel H24 werd in 1856 opgeheven en ingericht als magazijn. Deze op het perceel H26 werd in 1867 nog vergroot, maar werd in 1870 gesloopt bij de overwelving van de Zenne.

Aimé SMEYERS, Alsemberg

Bijlagen

Paul Lindemans, "Stadsmolens in oorlogstijd (1637)", Eigen Schoon en de Brabander, XXIV, 1951, p. 50.

De pachters van de stedelijke molens van Brussel, maakten er hun beklag van dat zij in 't jaar 1637 geen profijt hadden gedaan. «Mits tbelegh van de stad Breda, begonnen op 21 Juli 1637, en geduurd hebbende tot 10 October 1637», had de goeverneur van het garnizoen van Brussel «in het aencommen van den vijant», het water in de vesten doen houden en verboden «mette watermolens te maelen om de stadt beter te bevrijden...» - De windmolens waren door de vijand afgeschoten. Men was verplicht geweest te malen met «rosmolens»,  wat ook schade was voor de pachters van de molens, «hebbende daervoor moeten houden 21 paerden», als wanneer zij anders slechts 3 of 4 «kerrepeerden» houden voor de uitvoer van het meel.

(Rijkarchief Brussel, Notariaat, nr 4424.)

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C. Dickstein-Bernard, "La gestion financière d'une capitale à ses débuts: Bruxelles, 1334-1467", Annales de la Société royale d'Archéologie de Bruxelles, LIV, 1977, p. 77-81 (Les moulins).

Les moulins. Le 14 juin 1393 déjà la Ville de Bruxelles a pris à cens le moulin à eau ducal situé à Obbrussel (233). Mais c'est après 1450 qu'elle paraît marquer un intérêt particulier pour ce type de bien : elle acquiert d'abord le 22 juin 1452 les deux moulins du Driesmolen, rue des Six Jetons (234 ), puis, par deux actes du 28 septembre 1452, deux tiers du moulin Serrewerre, rue des Poissonniers (235). Enfin l'année) 1453 va lui offrir l'occasion d'acquérir en une fois six moulins ducaux et le tiers restant du Serrewerre. Le duc ayant besoin d'argent pour mener une expédition contre les Gantois révoltés aliène certaines parties de son domaine aux villes : Louvain et Anvers choisissent de racheter en tout ou en partie la redevance qu'elles paient pour l'octroi des assises et Pierre rachète diverses parties de cens et rentes, ce pourquoi elles dépensent respectivement 5200, 9671 et 470" (236). Mais Bruxelles, elle, paie 16.200 <> et acquiert l'Achterstemolen, le Moutmolen, le Vorstemolen, le Ruismolen, le dernier tiers du Serrewerre, le moulin situé hors ville Ter Nuwermolen, et le moulin de Saint-Josse-ten-Noode. Rachetant le cens dû pour lui, elle devient propriétaire du moulin d'Obbrussel pris à cens en 1393 (237). Le 8 septembre enfin, Philippe le Bon met la Ville en possession d'un moulin situé hors de la porte d'Overmolen, le Clapschette, que lui vend Pierre van der Eycken, gruyer de Brabant (238). Tous sont des moulins à grain. Sans doute avons-nous affaire à des achats systématiques, à une véritable politique d'acquisition.

Jusqu'en 1430, Bruxelles paraît avoir, comme les autres villes, procédé à la constitution de stocks de grain qu'elle vendait à ses habitants en cas de .. financières (239) elle y ait temporairement renoncé (240). Un fait est certain, au moment de la grande disette de 1438 la Ville doit faire acheter du grain en Hainaut par la table des pauvres de Sainte-Gudule, qui le revend ensuite aux habitants (241 ). C'est que la constitution de réserves ne va pas sans difficultés; indépendamment du manque chronique de disponibilités financières dont souffre la Ville, le grain acheté en cas de pénurie peut être de mauvaise qualité (242). Le transport du grain étranger jusqu'à Bruxelles coûte cher (243) et pour cette raison, le duc l' affirme en 1436, la ville est mal approvisionnée à cet égard. Le marché local n'offre peut-être pas toutes les facilités nécessaires pour la constitution des stocks (244). Sans doute l'acquisition de moulins par l'administration communale n'améliorait-elle pas directement la situation pour les habitants, mais elle permettait à la Ville la constitution aisée, régulière, et sans frais de réserves de grain grâce à l'affermàge en nature (245); ces stocks pouvaient être écoulés ensuite en cas de disette. L'argument financier n'était pas négligeable non plus : la vente de grain par petites quantités procurait à la trésorerie urbaine un peu de l'argent liquide dont elle a, dès ce moment, constamment besoin. Si en 1453. d'ailleurs, au moment où la Ville les acquiert, les moulins ducaux sont généralement affermés moyennant du grain (dont un tiers de froment) et de la cire (autant de livres de cire que de muids de grain), l'un d'entre eux au moins, le Moutmolen ou moulin à brai, est affermé en espèces et produit un confortable revenu.

Peut-être est-ce un besoin d'argent liquide encore plus pressant qui détermine la Ville à modifier brusquement sa politique (246): le 13 mai 1456, elle décide que dans tous ses moulins que les receveurs affermeront, à l'exception du Moutmolen, le paiement du meunier par ses clients (et donc le sien propre par le meunier) se fera en espèces (247).

Mais le 15 mars 1459 n.s. on en revient à l'affermage en nature. Dès lors du grain sera stocké dans les greniers communaux, puis vendu aux habitants suivant les nécessités. Le produit des ventes servira au rachat des rentes perpétuelles qui accablent la Ville (248). Un an plus tard cependant un premier moulin, celui de Saint-Josse, est restitué au duc; les autres suivent en 1469. Ils avaient été entièrement remis en état par la Ville entre 1454 et 1460 pour la somme de 90 livres de vieux gros (249).

A la fin du siècle, Bruxelles reste en possession des deux moulins du Driesmolen, de deux tiers du Serrewerre, du Clapschette, du Cantermolen acquis en 1487 (250) et d'un moulin à vent (251).

Elle possède encore deux moulins à huile (252). Entre 1453 et 1469, elle a détenu aussi le droit de «gruyte» levé aux moulins à brai ducaux d'Obbrussel, Anderlecht et Forest, ainsi que le droit perçu sur les bières foraines dans le premier village (253).

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(233) A.V.B., XXIII, f° 103 r°-v°

(234) M. MARTENS, Moulins ... , p. 33. L'acte d'acquisition est contenu dans A.V.B., XXIII, fo 166; des rachats de rentes par la Ville, en date du 3 janvier 1453 n.s ., font l'objet d 'un acte figurant ibidem, (0 167.

(235) M. MARTENS, op. cit., pp. 23-24. Les actes figurent dans A.V.B., XXIII, fos 159 v° et 160.

(236) Voir plus loin, p. 137.

(237) Pour les moulins en ville, voir M. MARTENS, op. cit. Le moulin dit Ter Nuwermolen se trouvait hors ville, sur le territoire d'Obbrussel (HENNE et WAUTERS, op. cit., t. IV, p. 239. WAUTERS, Environs ... , t. III, pp. 559-560). L'acte figure dans A.V.B., XXIV, f0 58. Cf. supra, n. 188.

(238) L. GALESLOOT, Inventaire des Archives de la Cour féodale, n° 121, pp. 150-151.- M. MARTENS, Moulins ... , p. 26, n. 124.

(239) Voir plus loin, p. 158.

'(240) Avant le 28 novembre 1430, il existe un gardien-vendeur du grain de la Ville dont a charge est alors supprimée (A.V.B., XVI, f° 135). En vendant du grain, à Bruges, le Magistrat a essentiellement pour but de procurer du blé à un prix raisonnable à la population pauvre (M.-J. TITS, La formation des prix ... , p. 176). Il constitue donc des réserves, qu'il vend petit à petit pour faire tomber les prix. Bruxelles pratiquait sans doute la même politique. Concernant les achats de blé par les villes: ibidem, annexes, pp. 331 et suiv., où aucun achat n'est signalé pour Bruxelles. Voir également P. SCHOLLIERS, Levenstandaard . . . , p. 266. H. VAN DER WEE, The growth ... , t. Il, p. 69. Les sources concernant les ventes pour Bruxelles sont peu nombreuses. Elles se limitent, pour la période étudiée, aux chroniques B.R. 11.641 f° 180 et suiv.) et 17. 120 (VAN DEN GHEYN, Catalogue ... , t. VIII, nos 5834 et 5837, p. 387 - citées par HENNE et WAUTERS, op. cit., t. I, p. 214), qui mentionnent des ventes en 1450 à 8 "Stuvers" le setier, vu «le prix du grain" (12 "Stuvers" le setier) et la grande misère ... A 3 d. de Brabant le "Stuver», ce prix correspondait donc à 144 d. le muid, au lieu de 216. Le rype de grain vendu n'est pas précisé, mais vu les prix indiqués par M.-J. TITSDIEUAIDE pour ces années 1449-1450 et 1450-1452 (op. cie., Annexe 3), il ne pourrait s'agir que de froment! Notons que ces chroniques contiennent de nombreuses erreurs (cf. infra, n. 238, p. 161).

(241) A.A.P.B., B. 356, 1438-1439, f0 48.

(242) Mauvaise qualité du grain acheté en temps de disette: cf. l'achat d'orge zélandaise mouillée en 1481-1482. Cette céréale pose ens uite à la Ville de gros problèmes de conservation : A.G.R., C.C. 30.942, p. 153.

(243) Bruxelles n'est pas située comme G\lnd sur un fleuve, et ne dispose pas comme elle d'une étape (pour Gand, voir M.-J. TITS-DIEUAIDE, op. cit., pp. 146 et suiv.). La Senne est une rivière malaisément navigable, et vers le Nord seulement. Or une partie du grain vient du Hainaut : cf. un acte du 20 janvier 1422 n.s. publié par F. FAVRESSE, Actes inédits ... , n° 23, pp. 76 et suiv. (§ 8), l'exemple cité à la note 241, et un acte ducal du 19 novembre 1436 publié par A. WAUTERS, Documents concernant le canal .. . , p. 1. Ce dernier précise que le transport se fait par terre, ce qui est coûteux (concernant son prix, voir G. SIVERY, Les comtes de Hainaut ... , pp. 132 et suiv.). Une autre partie des grains vient du Nord ou par le Nord, via Anvers et Malines, des céréales de brasserie notamment: Archives de la Ville de Bruxelles, IX, f° CXLI (155). A la fin du siècle, la Ville a dans ses greniers de l'orge zélandaise (voir note précédente). Or, à plusieurs reprises, des bateaux de grain sont saisis par les Malinois (voir plus loin, p. 156, n. 211). Entre avril et octobre le trafic sur la Senne est difficile (infra, p. 159). Importation de blé dans l'espace brabançon en général, voir M.-J. TITS-DIEUAIDE, op. cit., pp. 144er sui v.

(244) Octroi ducal pour l'aménagement de la Senne en direction du Sud, 19 novembre 1436, cité dans la note 243 ci-dessus.

(245) Le meunier moud "au douzième tonneau", qu'il prélève à son profit sur les quantités apportées à son moulin (16 avril 1385 (Archives de la Ville de Bruxelles, IX, f° CLXXVI (189) v°)). Sur un usage similaire à Louvain, cf. R. VAN UYTVEN, Stadsfinanciën ..., p. 272. Le meunier livre ensuite à la Ville une partie de ce grain pour prix de sa ferme.

(246) En ce qui concerne la situation de la Ville de Bruxelles vers 1450, voir plus loin, p. 180). Il faut remarquer que Louvain, en bien meilleure posture financière à cette époque, n'utilisera pas ce système. Les moulins situés dans la ville restent aux mains de quelques familles patriciennes, cf. R. VAN UYTVEN, op. cit., p. 271.

(247) La décision ne vaut pas pour le Moutmolen,probablement parce qu'il est déjà affermé en espèces; l'acte figure dans A.V.B., IV, f°s 174 v°-175. Cf. DES MAREZ, op. cit., p. 241.

(248) Archives de la Ville de Bruxelles, IV, f° 184 r°-v° - IX, f°s CLXXXII et suiv. (195). Le cartulaire A.V.B., IX, f° CXCV (207) v° et suiv. contient l'inventaire établi en mai 1464 de la "provande in rogge" dans les différents greniers de la Ville. Le grain est conservé dans l'écluse à la porte de Laeken, dans les portes de Flandre et d'Anderlecht, dans trois greniers à l'écluse de la Blanchisserie, au moulin à huile d'Anderlecht, dans cinq greniers à la porte d'Obbrussel, à la tour dite Wollendrieschtorre, à l'hôtel des monnaies, dans trois greniers de la porte Sainte-Catherine, et même à l'hôtel de ville. La Ville dispose à ce moment de 2918 muids et 2 setiers d'orge (à 292, 549 litres le muid: cf. M.-J. TITS-DIEUAIDE, La conversion des mesures anciennes ..., p. 73). Les comptes de la fin du XVe siècle se terminent d'ailleurs par l'inventaire du stock, établi par les receveurs sortants.

(249) La remise en état est adjugée le 25 novembre 1454 à deux entrepreneurs pour être effectuée en six ans, à raison de 54 lb. de Brabant par an de dépense, soit au total 324 de ces lb. en 6 ans (Archives de la Ville de Bruxelles, IX, f° CLIIII r°-v° (167) et suiv.). M. MARTENS, Moulins ..., p. 17, considère que le contrat avec ces deux entrepreneurs est un comrat d'affermage. S'il en était bien ainsi, la Ville recevrait les 324 lb. au lieu de les décaisser. En outre, le texte qualifie bien de "wercmeesteren" Guill. Gorijs et .. Ard. van Yseren qui obtiennent l'adjudication. Le premier des deux d'ailleurs est charpentier de moulin, au service de la Ville d'après un acte ducal du 22 juillet 1453 (procès-verbal d'expertise des moulins ducaux lors de leur cession à la Ville. Archives générales du royaume, Chartes de Brabant). Circonstances de la restitution: voir plus loin, p. 138.

(250) Acquisition du Cantermolen: M. MARTENS, Moulins ... , p. 27. Archives générales du royaume à Bruxelles, Chambre des Comptes, 30.942, pp. 35-36: les moulins Clapschette et du Driesmolen paient en seigle, le moulin d'Obbrussel en espèces (1485-1486). En 1497-1498, les mêmes plus le Cantermolen paient en nature, les autres en espèces (C.C. 30.943 , f° 5 r°).

(251) Archives générales du royaume à Bruxelles, Chambre des Comptes, 30.942, p. 36. On ne sait comment la Ville l'a acquis. Il est cité encore en 1497-1498 (C.C. 30.943, f° 5 r°). HENNE et WAUTERS, op. cit., t. II, p. 456 n.1, citent trois de ces moulins, sans localisation ni dace.

(252) A Vilvorde: cité en 1454 dans A.V.B., IX, f° CLIIII (167), et à Obbrussel, cité en 1464 (A.V.B. , IX, f° CXCV (207) v°).

(253) L'acte du 9 juillet 1453 mentionne la vente à la Ville de cous les d roits attachés au moulin à brai - Moutmolen - d'Obbrussel, ainsi que du "gruycgelde" et du droit des «buyten bieren" à cet endroit. Mais il ne fait aucune allusion à la vente des droits levés dans les deux autres moulins. De même le registre de la Chambre des Comptes contenant la · Déclaration des terres ... engaigiees et aliénees du domaine de Brabant" (A.G.R., C.C.17, f° 260 v°) mentionne le moulin au bray en ladite ville avec les appartenences, ensemble les droiz ou moulin au bray à Obbrussel et le gruytgelt illec et des servoises fouraines. Les comptes du receveur ducal du quartier de Bruxelles montrent que la Ville a perçu néanmoins les droits sur les trois moulins, peut-être parce qu'au moment de la cession, ils étaient affermés ensemble depuis le 24 juin 1452 et pour trois ans et demi au même Jean de Vriendt (pour la somme dérisoire de 5 s. •tolgeld.: Archives générales du royaume à Bruxelles, Chambre des Comptes41 76 et suiv.). Le «gruytgeld" est défini par KAUCH, L'administration et le contrôle des finances ..:, pp. 64-65. Il s'agit initialement d'un droit sur la fabrication de la bière, qui devient ensuite un droit sur la vente. Il frappe la bière locale et aussi les bières importées. Cf. d'ailleurs les lettres patemes de Philippe le Bon datées du 21 octobre 1440, investissant Guill. van Herve de la "Dommelen etc., plus la «gruyte» des bières étrangères qui entrent audit village (GALESLOOT, Inventaire ... cour féodale ... , c. I, p. 33).

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<p>Molen van Goede Bijstand<br>Overmolen<br>Zwaanmolen<br>Ezelmolen<br>Schorsmolen<br>Timmermansmolen</p>

Aquarel van Jean-Baptiste Van Moer (Brussel, 1819-1884), 1870. (Stadhuis Brussel)

<p>Molen van Goede Bijstand<br>Overmolen<br>Zwaanmolen<br>Ezelmolen<br>Schorsmolen<br>Timmermansmolen</p>

Foto 1867. Foto Louis Ghémar 1867 (Stadaarchief Brussel)


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Laatst bijgewerkt: zondag 27 maart 2016

 

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