Molenzorg

Thon-Samson (Andenne), Namen


Collectie
Verdwenen Belgische Molens
Naam

Forge de Vaux
Forge de Gomerée

Ligging
à peu de distance du confluent de la Meuse et du ruisseau de Samson
5300 Thon-Samson (Andenne)

sur le Samson


toon op kaart
Type
Bovenslag watermolen
Functie
IJzergieterij
Gebouwd
voor 1538
Verdwenen
na 1781
Beschrijving / geschiedenis

L'industrie métallurgique existait dans la vallée de Samson depuis le Moyen-Age.
Lorsque Guichardin, gentilhomme florentin, visita le comté de Namur en 1567, il fut surpris par le caractère industriel de la région.
Il releva l'existence de plusieurs mines de fer et de quelques-unes de plomb.
Il fut impressionné par le nombre d'usines. Il relate que partout l'on trouvait des établissements où l'on ne cesse de travailler, de battre le fer, de forger, de fondre, de marteler et d'affiner. « En tant de fournaises parmy tant de flammes et estincelles et fumées qu'il semble proprement qu'on soit là dedans les boutiques et forges estincellantes de Vulcain » (1). Le voyageur qui passait sous l'ancien régime par Vaux sous Samson, avait certes la même impression que le voyageur italien.
Quatre usines métallurgiques importantes étaient établies dans ces localités. Près de celles-ci on comptait de nombreuses petites forges, un moulin à poudre, un moulin à farine, une usine textile (batterie de chan vre installée à Villeval) et une scierie à bois.

Tous ces établissements industriels étaient groupés à Vaux et Samson parce que à cet endroit, le ruisseau de Samson avait un débit important et il permettait de faire tourner les roues hydrauliques de chaque atelier.

Plusieurs biefs avaient été construits, on devait payer une taxe au receveur des contributions du comté pour le « coup d'eau ».

La proximité de la Meuse facilitait les transports des produits vers la Hollande et vers la France. Des bateaux venant de Givet amenaient du charbon de bois pour alimenter les fourneaux.

Les usines métallurgiques que l'on appelait vulgairement marteau, forge ou moulin à faire le fer, comportaient une série de bâtiments.

Il y avait tout d'abord le fourneau qui était une construction massi ve dont le creuset était destiné à recevoir le minerai de fer ; la combus tion du charbon de bois provoquait la liquéfaction et la coulée de fonte pouvait être dirigée vers des moules aménagés dans le sol même de la fonderie annexée au fourneau.

C'était dans la fonderie que l'on travaillait les chenets, les plaques de foyers, les ustensiles de fer ou de fonte les plus divers.

Mais pour obtenir le fer, il fallait traiter les gueuses de fonte dans des feux d'affineries. Les pièces de fonte étaient débarrassées des impu retés et du carbone et l'on obtenait ainsi des pièces de fer qu'on passait alors au marteau.

Ces marteaux que l'on appelle généralement maka au 18e siècle, avaient plusieurs mètres de long. Ils étaient actionnés par la roue du moulin, les pièces qui passaient entre l'enclume et le marteau étaient transformées soit en barres, soit en tôles de fer (2).

Nous avons tenté d'établir ci-après la succession des propriétaires des principales usines établies à Vaux et à Samson. La tâche était malaisée car plusieurs familles pouvaient posséder des droits sur une même forge. La plupart des forges furent l'objet de tant de ventes, partages, loua ges, arentements, hypothèques, subrogations, saisies, retraits lignagers, cessions de droits, qu'il est souvent difficile de déterminer le véritable propriétaire.

Sous le régime français, les industries de Samson continuèrent à se développer. De nombreuses demandes de constructions ou d'agrandissements parvinrent à la préfecture.

Victor Zoude obtint la permission de construire un fourneau à mi nerais de fer près de son usine de Villeval avec une roue hydraulique supplémentaire. La veuve Misson-Brouette obtint également la permission d'agrandir le réservoir de son usine.

Pierre François Louise et M. Melot entreprirent chacun la construc tion d'une forge qui devait utiliser le biez de décharge de l'usine de la dame Misson. Cette dernière adressa une réclamation, mais l'ingénieur du département répondit que l'établissement projeté ne pourrait lui porter préjudice puisque la forge de la dame Misson était située en amont et que les eaux étaient suffisamment abondantes.

L'ingénieur ajoutait que l'on devait applaudir aux efforts de MM. Loise et Melot qui s'étaient appliqués à tirer avantage de la situation des lieux. (Renseignements communiqués par Mademoiselle Clairette Saussu, de Thon-Samson, Section de Régendat à Champion).

La forge de Vaux dite de Gomerée était située à peu de distance du confluent de la Meuse et du ruisseau de Samson. Avant 1538, elle avait été possédée par Jean et Gérard Fayl. En 1486, Gérard Fayl avait acquis de Lambert Moreau, seigneur de Thon, une forge située à Haltinne ; cette forge comprenait u.ne usine à « faire fer ».

Jean et Gérard Feyl vendirent la forge le 19 octobre 1538 à Andrien de Foy dit de Montaigle (alias le Forgeur), pour le prix de 2.000 torins carolus. La forge comportait un marteau.

Le 5 janvier 1587, Nicolas Jorment releva la moitié de la forge, puis céda ses droits à François de Gomerée, fils de Ghislain de Gomerée. maître de forge à Morialmé et de Jeanne, fille de François le Forgeur dit de Montaigle (G. Maigret de Priches,  Nos Maîtres de Forges, p. 9).

Le 21 novembre 1592, François de Gomerée et Denys de Houssoir, vendirent une partie de la forge à Jean Mullier.

Le 1e avril 1649, Jean Muller, seigneur de Courrière, loua pour 3 ans à Pierre de Gives ce qui lui appartenait de la forge de Vaux; ses héritiers continuèrent la location.

Le 26 janvier 1672, Jean François Muller, seigneur de Courrière, Jacques Ignace Muller, seigneur d'Yvoy, Jeanne Madeleine Muller (épouse de Godefroid le Beau, seigneur de Scy), Marie Marguerite Mul ler (épouse de M. de Bande, seigneur de Waha), tous héritiers de Jean Muller, seigneur de Courrière et d'Yvoy et d'Andrianne Zuallart, cédè rent leurs droits à Feuillen Gomerée (fils de François de Gomerée pré cité) et à son épouse Catherine Ogier. Le pré d'entre-deux-eaux qui faisait partie de la propriété fit aussi l'objet de la vente.

La forge passa ensuite en mains de Jean Lambert Gomerée, époux de Marguerite de Liberghem; ces derniers eurent deux filles Ida et Hélène qui firent partage des biens patrimoniaux le 29 août 1726 en présence de Vincent Bouverie et de Jean de Montpellier.

Ida de Gomerée obtint la forge de Vaux, elle épousa Louis Ramquin.

Le 20 mai 1767, lors du mariage de son fils, Jean-François Ramquin avec Cécile Noël, Louis Ramquin lui céda « sa forge qui est une platinerie, son laminoir à plomb, la maison et son bien de Samson » pour en jouir imédiatement après sa mort pour la somme de 10.000 florins qu'il devra partager avec son frère et sa sœur. Mais en 1781, après la mort de Louis Ramquin, les autres enfants firent annuler le contrat de mariage en faveur de leur frère aîné, J.-F. Ramquin. Les démarches furent entre prises par Nicolas-Louis Ramquin prêtre de Namur, et par Joseph Dumont, marchand à Liège, époux de Anne Ramquin, en vue de régler équitablement le partage de la succession mobilière et immobilière de leurs parents qui fut évaluée à 31.840 florins 13 sols.

Augustin Zoude possédait la forge du Fourneau. 

André MOUREAU 

(1) Loys Guicciardini, gentilhomme florentin. Description de tous les Pays-Bas en 1567 - publiée à Amsterdam en 1625, page 427. Cfr. aussi Jean Bovesse, “L'Industrie du fer blanc dans le Comté de Namur aux XVIIe et XVIIIe siècle”, Annales de la Société archéologique de Namur, t. 47, pp. 287-357; G. Maigret de Priches,  “Nos Maîtres de Forges”

 (2) Cfr. G. Hansotte, “Les Usines de Sauheid, Colonster et Tilff”, Bulletin du Vieux Liège, janvier-juin 1955). Cfr. aussi R. Evrard, “Forges Anciennes”, p. 15 et la Bibliographie p. 221.

Literatuur

André Moureau, “La Seigneurie de Thon-Samson (suite),”, Le Guetteur Wallon, 1964, n° 1, p. 5-20 (p. 9-16: Section 4: l’Industrie métallurgique).; 1964, n° 2, p. 36-50 (p. 36-41, Section 7: Notes complémentaires sur les établissements industriels de la vallée de Samson - Ces notes ont été établies par Mademoiselle Clairette Saussu, régente littéraire)
Jean Bovesse, “L'Industrie du fer blanc dans le Comté de Namur aux XVIIe et XVIIIe siècle”, Annales de la Société archéologique de Namur”, t. 47, pp. 287-357.
G. Maigret de Priches,  “Nos familles de maîtres de forges ( 1446- 1860), Bruxelles, 1934
G. Hansotte, “Les Usines de Sauheid, Colonster et Tilff”, Bulletin du Vieux Liège, janvier-juin 1955.
R. Evrard, “Forges anciennes”, Liège, 1959.
Roger Delooz, “Les beautés du namurois. La région de Gesves”. Lonzée, l'Auteur, 1992, 116 p.

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Laatst bijgewerkt: dinsdag 3 januari 2017

 

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