Molenzorg

Fraipont (Trooz), Luik


Collectie
Verdwenen Belgische Molens
Naam

Fenderie de Goffontaine
Usines de Cleusevay

Ligging
Goffontaine près de Louhou
4870 Fraipont (Trooz)

sur la Vesdre


toon op kaart
Type
Bovenslag watermolen
Gebouwd
1573
Beschrijving / geschiedenis

La Fenderie de Goffontaine (1578)
La Fenderie et le Château de Trooz (1580-1583)
Les premières fenderies du bassin métallurgique liégeois.

Emplacement

Près de Louhau, une partie des eaux de la Vesdre s'enfonce dans les ro­ches pour resurgir au pied du massif de Cleusevay sous forme de ruis­seau. C'est à cet endroit, dans un des méandres de la rivière, probable­ment à côté de la caverne de Goffontaine que se situait l'usine. Les ro­ches de Cleusevay sont sur la rive droite de la Vesdre et en ce temps-là dans le duché de Limbourg.

Historique de 1573 à 1615

C'est à partir de 1573 que les documents permettent de suivre réguliè­rement l'évolution de cette usine. Dans le passé, Guillaume de Goffon­taine et son fils Gillez détenaient la forge en 1522 et 1549.
Le 9 juin et le 20 octobre 1573, PIROT, le forgeur de Goffontaine vend respectivement à Matherne FION de Marchez dessous Theux et à Laurent BUTBACH, bourgeois de Liège, les parts qu'il possédait sur la forge de Goffontaine.

Le 18 août 1576, Laurent BUTBACH et son beau-frère Matherne FION reportent les oeuvres d'une forge à platine, by, usine, place, ustensiles ou instruments situés à Goffontaine, au profit de Henry VOES bour­geois de Liège, habitant à Massures en ban de Theux.

Le contrat de constitution de la fenderei (1578) 

Le 27 avril 1578, Henry VOES des Massures, reporta les oeuvres de la moitié des parts de la forge, usine ou fenderie avec toutes ses appendi­ces, située à Goffontaine, au profit de Willem KOULMONT (KEMERLINCK).
Témoins : Simon GESELLE, Jacques ANDRY, NIZET, Henry MAKI­NEAU et Cornel PIEROT.
Le jour même, Henry vendit audit Willem la moitié part de tous les ustensiles, hernaux, instruments tels que : églume, folx, marteau qui ap­partiennent à la forge, usine et fenderie. 

Voici les extraits les plus intéressants de ce contrat: 

Willem devra livrer dans les huit jours, deux milliers de longs fers et endéans deux mois encore un aultre et troisième millier.
Henry devra décompter hors de ce qu'il peut devoir à Warnier KOULMONT (KEMERLINCK), frère dudit Willem, la somme de 750 florins liégeois.
Henry sera tenu d'employer son industrie et science à l'endroit de ladite usine et instruments, tellement pour le faire besogner en toute diligence, aussi bien que s'il estoit sans aucun parchonnier, et que par lui rien ne manque, de quoi ne devra tirer aucun salaire ny gain. Aussi l'on ne devra à ladite usine entreprendre ni dresser aultre besogne ni invention que pour fendre et exten­dre le fer. 

Il est expressément déclaré d'oultre que les affaires de ladite usine et fende­rie ne soy deveront deis à cest heure, tenir secrect ny cacher, en oultre, mais serat libre achacun desdits parchonniers de y franchement entrer regarder et adviser tout ce qu'il y aura, avec promesse dudit Willem de non le révéler à personne ny entreprendre semblable affaire à dix lieu près de ladite usine. 

Davantage, pour plus promptement et mieux entretenir l'usine et instruments, en estre et à la besogne, est accordé de dresser audit lieu, un fourneau ou forge ordinaire, et à cela, mettre un oeuvrier cogniss pour journellement beso­gner s'il est nécessaire.
Ledit Willem devra de sa part parcourir et besogner le mieux possible pour avoir du fer à fendre, tant pour le fer qu'il fera lui-même oeuvrer à clous, ou le revendre fendu.
Pour entendu que ladite usine devra suivre les soufflets, églume et groux marteau et aultres pour platiner, que ledit Henry la pris et accensé de Laurent BUTBACH ou aultre sans rien réserver nommément, aussi y comprenant la poissonnerie, avec condition de s'employer à l'avancement de l'usine et coup d'eau.
Le marché des ustensiles et instruments entre eux fait et au-dessus dudit rendage, est compris un aultre groux marteau avec ses appendices.

Item un tournoir pour besogner alentour

Si ledit Willem venait à renoncer au marché, ledit Henry devra faire restitution et paiement réel de tout ce que Willem y aura mis et employé.
Le 7 décembre 1580, Henry VOES dit de Lange, reporte sa part de la forge et usine de Goffontaine à Warnier KAMERLINGS.

Le 10 octobre 1582, Willem KAEMERLINGS de Henri-Chapelle, demeurant à présent à Fraipont*, a rendu en héritage à Warnier KAEMERLINGS, son frère, bourgeois de la ville de Spire en Allemagne, quatre parts qu'il avoit et possé­doit à la forge de Goffontaine, ensemble un certain pré dit la COUR LE MARCHAND, jondant en aval al place de ladite forge et la rivière de Vesdre.

* Le frère de Willem, Warnier KEMERLINCK est l'unique propriétaire de la double usine de Goffontaine, tandis que Willem achète des terrains à TROOZ, y fait ériger sa maison, puis une deuxième fenderie avec l'appoint de Servais HELLINCK et de Michel SELYS. (Cercle historique de Fléron, n° 2, 1987 p.2)

Certains KEMERLINCK se sentaient-ils menacés par la chasse aux sorcières faite à l'époque contre les réformés, en tout cas, ils dispa­raissent de la vallée de la Vesdre après 1583. Rappelons-nous, que, dans le contrat fait à Liège en 1568 entre les marchands de fer, on y envisage que Warnier KEMERLINCK « puisse être chassé de pays ».

Les Heuse dans les usines de Cleusevay

Warnier KEMERLINCK n'habite plus dans la région, il demandera au limbourgeois Arnold HEUSCH, son neveu, de gérer ses deux usines.
Le 16 août 1615, les enfants des défunts Warnier KEMERLINCK et Marie LE RIDEUR, en considération des services rendus par Gelis et à la charge à eux donné par leur mère et pour y satisfaire, cède à leur cousin et ami Gelis HUESSE (Gillis HEUSE), la forge, maison, édifice et une pièce d'héritage appelée la Cour Le Marchand, situés à Goffon­taine dans notre hauteur (Soiron).

Georges HEUSE

La tréfilerie et la platinerie de Goffontaine Liège début 17e siècle

 Aux 16e et 17e siècles, les usines de CLEUSEVAY-GOFFONTAINE employaient les nouvelles techniques venant d'Allemagne : les « rouleaux taillants » pour façonner les barres de fer en vergettes dans la fenderie, les filières pour transformer les vergettes en fil de fer, et le tour pour l'alésage des canons de mousquet. La platinerie contenait notamment deux gros marteaux.

En ce temps-là, les HEUSE (HOESCH) de Goffontaine avaient encore des liens familiaux et commerciaux avec l'Allemagne, notamment à Spire à Francfort et à Aix-la-Chapelle. À Maëstricht, avec Jacques Heuse. Ils étaient également propriétaires de bâtiments (qualification inconnue) près de Spire.
D'autre part, au 16e siècle, les HOESCH résidant en Allemagne détenaient une usine à cuivre sur la Johannisbach à Aix-la-Chapelle. Au 17e siècle, ils étaient propriétaires de deux usines sur la Vicht à Stolberg, le Jansmühle et la fenderie de Junkershammer (Cercle historique de Fléron, déc. 86), (H. F. MACCO, T. III).
La platinerie et la fenderie de 1578 sont dénommées platinerie et tirerie (tréfilerie) au début du 17e siècle. On peut se demander si l'emplacement d'une fenderie à cet endroit a été bien calculé, on connaît en effet les difficultés qui y furent rencontrées par le manque d'eau. La rentabilité était-elle meilleure en produisant du fil de fer et des canons de mousquet ?
Le changement de nom semble logique dans la mesure ou le tréfilage consistait à passer à chaud, dans une filière à trous ronds ou carrés, un métal réduit en vergette par l'action du laminoir de la fenderie.

Situées sous la juridiction du Duché de Limbourg, les usines de Cleusevay marquent les débuts de l'industrie métallurgique de transformation et de finition qui a fait la renommée de la vallée de la Vesdre

Une constatation s'impose: les familles apparentées KEMERLINCK-HOESCH (HEUSE) d'Henri-Chapelle du Duché de Limbourg sont liées à l'histoire des toutes premières fenderies du bassin liégeois, les KEMERLINCK comme promoteurs, les HEUSE comme maîtres de fenderie.
Si l'on désire continuer les recherches afin d'éclaircir le mécanisme de la création de la fenderie, il faudra certes poursuivre l'investigation dans le duché de Limbourg, mais, sans doute, s'orienter plus particulièrement vers l'Allemagne.

Entre autres :
La technique du laminage était initialement employée pour le travail des métaux non ferreux. Dès lors, il faut penser à l'importante industrie des métaux non ferreux, notamment à Aix-la-Chapelle et à Stolberg, rayonnante autour des mines de zinc du ban de Fulkerich (Volkerich).
Ce n'est peut-être pas un hasard si les Limbourgeois ont introduit la fenderie dans notre région. Connaissant l'industrie allemande des métaux non ferreux et les techniques wallonnes dans le traitement de la fonte, ils avaient les données nécessaires pour améliorer la qualité des cylindres et les adapter, dès lors, à travailler le fer.

Le premier "maître de fenderie" de Cleusevay, Arnold HEUSE, devait nécessairement connaître ces nouvelles techniques avant de prendre la direction de l'usine.
Dans le contrat de 1578, Willem KEMERLINCK est qualifié de facteur et mambour de son frère Warnier, or celui-ci est marchand de fer et bourgeois de Spire en Allemagne. On pourrait supposer que les KEMERLINCK ont exporté la technique des "rouleaux taillants" à Goffontaine en 1578, puis à Trooz en 1583. D'autre part, les HEUSE de Goffontaine étaient propriétaires de bâtiments près de Spire.

Georges HEUSE

L’usine à canons de fusil de Goffontaine Liège en 1578

En 1568, le magistrat de Liège invite les armuriers d'Aix-la-Chapelle à venir enseigner dans la Principauté (Claude GAIER, Cinq Siècles d'Armurerie Liégeoise).

En général, on peut dater la création d'une usine à aléser les canons de fusil, par la demande d'un octroi de coup d'eau, celle-ci faisait toujours l'objet d'un acte écrit. Mais, on pouvait installer des machines (tour non hydraulique: en 1670 Léonard MATOULE canonnier aux Trois Chaines reporte sa forge contenant un forra; ou banc d'alésage hydraulique) dans une usine, sans être signalé par un acte quelconque, c'est le cas de l'usine citée ci-dessous: dans « L'industrie métallurgique de la vallée de la Vesdre »

Georges HANSOTTE écrit ... En 1612, à Prayon, la Chambre des Comptes de Liège avait accordé à David REMACLE (d'origine limbourgeoise, famille spécialisée dans l'industrie du plomb) un coup d'eau à prendre dans le canal de dérivation de la platinerie (alors indivisible entre Laurent BUTBACH et Toussaint ANCION) pour y construire une taillanderie. Cet établissement, dite « usine DAVID » fonctionna, probablement dès sa fondation comme usine à canons. Loué à Baudouin Hubert JACQUET en 1660, il comportait alors deux bancs de forage.

Cette taillanderie est considérée par l'auteur comme la plus ancienne usine à canons de fusil de la vallée de la Vesdre (les usines de GOFFONTAINE ne sont pas citées dans cet ouvrage).

Georges HEUSE

Fabrication des canons de fusil à Goffontaine

La formulation « un tournoir pour besogner alentour » citée dans le contrat de 1578, indique que la fabrication de canons de fusil n'était pas prioritaire à cette époque.
Définition du tournoir placé dans l'usine le 27 avril 1578 :
Dans le dictionnaire de l'ancienne langue française de F. GODEFROY nous trouvons ceci : tournoir = tornoir = tour ... Les petites machines sont faites au tournoir, les grandes sont faites de métal fondu, par le labeur et opérations des moules faits de terre à potier, et après sont « accoustrées » et polies au tournoir (Le Blanc, 1556).

Dans, « Histoire générale des Techniques » sous la direction de Maurice Daumas, T. 2, Les XV et XVI siècles en occident, Le travail des métaux, p. 65, l'auteur écrit ... Le travail des métaux demeurait très difficile, non pas tant à cause du manque de machines qu'à cause de la faiblesse de l'outillage d'usinage qui aurait été indispensable. C'est ainsi qu'il n'existera pratiquement pas de machines à tourner les métaux avant l'extrême fin du XVIII siècle. La seule opération se rapportant à ces techniques est l'alésage des canons de bronze.

Le premier contrat, connu à ce jour, concernant la fabrication des canons de fusil à GOFFONTAINE est signé à Liège le 4 février 1673. Henry GRANDRY, beau-fils de Gillis HEUSE de Goffontaine, devra livrer à André GRISART (bourgeois de Liège):
“800 canons de musquet de quatre pieds de longueur, portant 12 balles dans la libure, semés, fourrés et marqués de sa marque, ledit Henry devra livrer davantage s'il lui est possible sans en vendre ailleurs pendant le présent contrat, à savoir 800 canons par mois, et ce pour le terme de quatre mois, au prix de 45 patars par canon

L’usine de GOFFONTAINE était sans doute renommée pour ses canons puisque des Liégeois passent par le duché de Limbourg pour s'y approvisionner. Un tel contrat (800 canons par mois en 1673) suppose une importante main d'oeuvre qualifiée à Goffontaine.

Georges HEUSE

Fraipont-Goffontaine maison de la famille Heuse au 16e siècle

Isolée le long de la Vesdre, construction élevée en moellons de calcaire au XVIème siècle, agrandie au XVIIème et au XVIIIème siècle. Epaisses ancres du XVIème s. Partiellement bouchée, belle porte à épais linteau en accolade portant la date de 1594 sous deux anneaux sculptés (?). Piédroits chaînés. A droite, seconde porte percée au XVIIème s. Encadrement en calcaire mouluré, dont le linteau courbe porte la date, l'inscription et le monogramme suivant: « IN NOMINE/ DOMINI AMEN/ GH/ ANNO 1623/ LE 9 DE MAI ». Il s'agirait du monogramme de Gilles HEUSE. Rare exemple d'une porte en chêne, cloutée avec belle poignée, s'ouvrant en deux parties se repliant comme un volet (Patrimoine monumental de la Belgique).

L’épaisse ancre située au-dessus de la seconde porte, la poignée et les clous à rosaces viennent, probablement, des forges de Gillis HEUSE. Marie BERTRAND et Gillis HEUSE de Goffontaine sont mariés depuis 1611. Ils habitent à Fraipont dans la maison décrite ci-dessus qui provient de l'héritage de son père, Arnold HEUSCH. Elle se situe à plus ou moins 100 mètres de ses usines érigées sur l'autre rive. Comme la famille s'agrandit, ils vont élargir le bâtiment en prolongeant le côté droit, et marquer ce fait par une inscription sur le linteau de l'entrée.

Literatuur

- Georges Heuse, "La région spadoise au Moyen Âge. La Ville de Creppe ou le Vieux-Spa", Spa, 2009.
Haut lieu de la révolution sidérurgique du 14e siècle. Nicolas de Spas et le Nouveau-Spa"
- Georges Heuse, "Anciennes zones industrielles du Pays de Liège Les usines hydrauliques - L’origine des familles. Spa XIVe - XVIe S. Agglomération de Nessonvaux - Fraipont", Fléron, Cercle Historique de Fléron, 2000.
- Georges Heuse, "Généalogie de la famille de Collin (Nicolas) de Spa: Bredar-Leloup-Lezaack...", www. spahistoire. info
- Georges Heuse, "La Fenderie de Goffontaine (1578). L Fenderie et le Château de Trooz (1580-1583). Les premières fenderie dubassin métallurgique liégeois", www. spahistoire. info
- Georges Heuse, "L'usine à canons de fusil de Goffontaine Liège en 1578", www. spahistoire.info
- Georges Heuse, "La tréfilerie et la platinerie de Goffontaine Liège début 17e siècle", www. spahistoire.info
- Georges Heuse, "Fraipont-Goffontaine maison de la famille Heuse au 16e siècle", www. spahistoire.info

Claude Gaier, "Cinq Siècles d'Armurerie Liégeoise"
Georges Hansotte, "L'industrie métallurgique de la vallée de la Vesdre"
Philippe Vander Maelen, "Dictionnaire géographique de la province de Liège", Bruxelles, 1831.
Henri Del Vaux de Fouron, "Dictionnaire géographique de la Province de Liège", Liège, Jeunehomme, 1841.
Charles Meerts, "Dictionnaire géographique et statistique du royaume de Belgique", Bruxelles, Vanderborght, 1845.
Hervé Hasquin e.a., "Commnunes de Belgique: dictionnaire d'histoire et de géographie administrative. Wallonie", 2 vol., Bruxelles, La Renaissance du livre, 1980-1983.
Herman Holemans, "Enquète auprès des communes de la Province de Liège", 1984.
Lucien Simon, "Moulins de chez nous", Dison, Fondation Adolphe Hardy, 1992.

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Laatst bijgewerkt: zaterdag 21 januari 2017

 

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