Molenzorg

Liège, Luik


Collectie
Verdwenen Belgische Molens
Naam

Moulin des Oies
Moulins des Petites-Oies
Mouins des Grandes-Oies

Ligging
Outremeuse
4000 Liège

sur la Meuse


toon op kaart
Type
Onderslag watermolen
Functie
Korenmolen
Gebouwd
avant 1257
Verdwenen
après 1723
Beschrijving / geschiedenis

Le Moulin des Oies était un moulin à eau à farine sis en Outremeuse, sur la Meuse, en possession de l'Abbaye de Notre-Dame des Ecoliers de Liège.
Bâti avant 1257. Existait encore en 1723.
L'abbaye de Notre-Dame des Ecoliers possédait à Liège également le moulin des Orchenaux et de Riweal.

Les différents moulins des Oies:
- Moulin des Petites-Oies,
- moulin des Grandes-Oies,
- moulin à huile des Petites-Oies sur Rivelette

René VAN SANTBERGEN

Bijlagen

René Van Santbergen, "Le statut des moulins Liégeois de 1257", Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 26, 1948, n° 1-2, p. 97-117. 

LE STATUT DES MOULINS LIEGEOIS DE 1257 (1)

Jusqu'à ces derniers mois, nulle étude particulière n'était consacrée à la formation des institutions et du droit urbain liégeois dans ses rapports avec la condition des personnes et l'assiette des biens dans le régime seigneurial. Cette lacune que ni les travaux par ailleurs remarquables d'Adolphe Wohlwill (2), Camille de Rorman (3), Godefroid Kurth (4) ni les recherches de Théodore Gobert (5) n'avaient pu combler, notre

(1) Nous nous faisons un bien agréable devoir de dire combien nous devons à l'aimable bienveillance de Monsieur le Professeur F. L. Ganshof qui, en compagnie de notre maître Monsieur le Professeur L. E. Halkin, a contribué par ses conseils au succès de nos recherches. Qu'ils trouvent ici l'un et l'autre l'expression la plus sincère de notre gratitude.

(2) A. Wohlwill, "Die Anfänge der Landständischen Verfassung im Bisthum Lüttich", in-8°, Hambourg, 1867.

(3) C. de Borman, "Les échevins de la Souveraine justice de Liège", 2 vol. in-4°, Liège, 1892-1893.

(4) G. Kurth, "La Cité de Liège au Mogen Age", 3 vol. in-8°, Liège, 1910.

(5) T. Gobert, "Liège à travers les âges, les rues de Liège", 6 vol. in -fol., Liège, 1924-1929. Revue belge de Philologie et d'Histoire, XXVII, 7.

- 98 -

regretté Edouard Poncelet, président de la Commission royale d'histoire, l'a réparée en partie avant de disparaître (1). Son œuvre, fruit de toute une vie de recherches et de labeur assidu, décrit avec une précision minutieuse les anciens domaines urbains de Liège. Sa précieuse contribution allège la solution du litige, mais l'effort à réaliser reste considérable. Les éléments que nous apporte une documentation fort indigente sont, en effet, extrêmement fluides, donc de manipulation longue et toujours délicate. En formant le vœu d'une clôture prompte et définitive du débat, nous voudrions aider à son issue en rectifiant le jugement que les historiens portent sur un acte dont l'intérêt mérite, certes, plus que l'attention lui prêtée jusqu'ici. Il s'agit d'un diplôme du prince-évêque Henri de Gueldre, de 1257, dont l'original est perdu, mais dont un grand nombre de transcriptions nous a été conservé par les Paweilhars (2).

En voici, à notre sens, la teneur: Le 1er août 1257, Henri de Gueldre, élu de Liège, le prévôt et le doyen du chapitre de Saint-Lambert à Liège, de l'accord du magistrat communal et de l'échevinage, unifient par un acte solennel les statuts des moulins liégeois, fixent les bases des rapports réciproques des meuniers et des boulangers, et mettent un terme aux multiples et dommageables conflits que soulevaient sur le territoire communal la complexité du droit et les abus du régime domanial, en confiant aux échevins de Liège la pleine autorité dans l'application des mesures prises et la répression des délits (3).

-------------

(1) É. Poncelet, Les domaines urbains de Liège, dans Documents et Mémoires sur le Pays de Liège, Liège, 1947.

(2) Recueils de la coutume liégeoise.

(3) Cette charte a fait l'objet de nombreuses copies et de plusieurs éditions:
Manuscrits:
Aux Archives de l'État a Liège, "Liber cartarum ecclesiae leodiensis", acte n° 504, f° 260v°.
- "Liber primus cartarum", f° 533 sv.
- "Fonds des échevins, Paweilhars" A, f° 200 v°; B, f° 148 v°; D, f° 90; G, f° 367 v°; H, f° 300 v°; N, f° 26; n° 18, f° 202 v°; n° 19, f° 172; de Berlin, f° 175 v°; Masset, f° 153.
- En traduction latine dans le dossier 1334, pièce 325, de la Chambre impériale.
Aux Archives de l'État à Hasselt, traduction thioise dans "le Paweilhar des échevins de Vliermael", n° 1521, f° 527.
A la Bibliothèque centrale de Liège, Paweilhar Henrici, f° 27v°.
A la Bibliothèque de l'Université de Liège, Paweilharne 166D; "Paweilhar Foullon", Ms. n° 649; et plusieurs autres Paweilhars.
Aux Archives départementales du nord à Lille, analysée dans le Répertoire Β 1468, f° 5 et 10 v°.
Éditions:
- "Chartes et privilèges des XXXII bons métiers de la Cité de Liège", t. I, p. 97 et 111, Liège, 1730.
- S. Bormans, "Recueil des ordonnances de la Principauté de Liège", 1re série, p. 53, Bruxelles, 1878.
- S. Bormans et E. Schoolmeesters, "Cartulaire de l'église Saint-Lambert à Liège", t. II, p. 100, Bruxelles, 1895.

-  99 -

On saisit tout de suite l'intérêt que, sous l'aspect ci-dessus, suscite cette charte. Notre interprétation, qui n'est qu'hypothétique, est-elle vérif iable en tous points ou du moins plausible? Jusqu'à ce jour, les érudits liégeois n'ont noté dans l'acte de 1257 que des formes qui, sans laisser d'être justes, sont cependant secondaires. Joseph de Chestret de Haneffe, à la suite d'une longue lignée de juristes liégeois (1), reconnaît en lui la Lettre des moulniers et des bolengiers et l'interprète, si l'on peut ainsi traduire son laconisme (2), comme une lettre de Commun profit complétant en matière de meunerie et boulangerie le règlement du 24 février 1252 pour le prix du pain (3), lui-même interprétatif de l'ordonnance du 7 janvier 1252, plus générale (4). Il est vrai que, comme ses prédécesseurs, il ne l'examine qu'à travers un document postérieur d'un siècle et demi, l'ordonnance de Jean de Bavière du 20 novembre 1401, qui se donne pour un renouvellement de notre lettre, mais n'est en fait que le développement du seul point qui en soit resté d'actualité: la police des vivres (5).

-----------

(1) Voir les analyses figurant dans les Paweilhars cités ci-contre et notamment aux Archives de l'état a Liège, Fonds des échevins, Paweilhars A, f° 200v° et Paweilhars D, f° 90.

(2) J. de Chestret de Haneffe, "La police des vivres à Liège pendant le Moyen Age", dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XXIII, p. 256 sv., Liège, 1893.

(3) S. Bormans, "Recueil des ordonnances...", 1re série, p. 47.

(4) Idem, o.c, p. 44.

(5) Idem, o.c, p. 275. - Ces deux documents sont presque toujours transcrits à la suite l'un de l'autre dans les Paweilhars.

- 100 -

Théodore Gobert, développant une idée effleurée avec circonspection par Edouard Poncelet dans un travail solide sur les Métiers de Liège (1), est bien près de considérer cette pièce comme la plus ancienne charte liégeoise de Métiers (2). Ni Godefroid Kurth, ni Camille de Borman, ni les autres historiens liégeois ne font un sort à notre document; on ne sait trop jusqu'à quel point leur silence a été tenu pour un aveu des explications précédentes; celles-ci concordaient d'ailleurs avec l'opinion des éditeurs successifs de l'acte: "Confirmation du règlement donné aux boulangers et aux meuniers par le magistrat communal », dit en substance A. Wauters (3), "Règlement pour les boulangers et les meuniers avec le consentement de la Cité", rectifie S. Bormans (4), "Règlement pour les meuniers et les boulangers" écrit avec prudence É. Fairon (5). Trois interprétations bien vagues, la première tout à fait fautive. Nous étendre sur la relativité de ces points de vue serait fastidieux. Constatons tout bonnement que chacun de ces chercheurs évite d'aborder le fond du sujet. Ce diplôme peut être tout ce qu'ils y découvrent, mais il est encore et surtout autre chose. Pour le comprendre, il faut nous reporter aux premiers siècles de l'agglomération liégeoise et rappeler sommairement

-------------

(1) É. Poncelet, "Les bons métiers de la cité de Liège", dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XXVIII, Liège, 1900.

(2) T. Gobert, "Liège à travers les âges", t. IV, p. 168, Liège 1927. - C'est dans cet esprit que la Lettre de 1257 est reproduite dans les Chartes et privilèges ... et dans le Répertoire de Lille; cfr supra, p. 99.

(3) A. Wauters, "Table chronologique des chartes et diplômes ...", t. V, p. 160, Bruxelles, 1877. - S. Bormans et E. Schoolmeesters, "Cartulaire de l'église Saint-Lambert à Liège", t. II, p. 100.

(4) "Liste chronologique des édits et ordonnances de la principauté de Liège", t. I, p. 20, Bruxelles, 1860. - Idem, "Recueil des ordonnances", 1re série, p. 53. - E. Fairon, "Régestes de la Cité de Liège", t. I, p. 64, Liège, 1933.

(5) E. Fairon, "Chartes confisquées ... après la bataille d'Othée" (1408), p. 366, Bruxelles, 1938.

- 101 -

ce que nous savons des moulins liégeois et de leur régime juridique. Il faut, au Moyen Age, être fortuné et privilégié pour fonder un moulin; l'établissement lui-même coûte cher et l'usage de l'eau et du vent comme force motrice est réserve seigneuriale (1). A ce moment où la dominité du sol est le critère de la fortune, ces conditions ne sont réunies que dans la personne des seigneurs haut et bas justiciers. Pour ceux-ci, le service dont ils pourvoient leurs sujets en les dotant d'un moulin est une source profitable de revenus (2) qu'ils entendent protéger et bien exploiter. Aux XIe-XIIe siècles, jusqu'au milieu du XIIIe, ce qui est ou deviendra la Cité, franchise et banlieue de Liège est fragmenté en domaines multiples de superficie variable. Le fundas primitif s'est, en effet, décembré par la volonté de son titulaire entre le Chapitre cathédral, les collégiales, les abbayes et les agents civils, judiciaires et militaires que sont les vassaux et ministériaux (3). Dans la Cité, le Prince conserva le Palais et quelques dépendances voisines (4), le Chapitre cathédral l'en-

------------------

(1) L. Verriest, "Le régime seigneurial dans le comté de Hainaut du XIe siècle à la révolution", p. 275-277, 320, Louvain, 1916-1917. - C. Koehne, "Das recht der Mühlen bis zum Ende der Karolingerzeit", dans Untersuchungen zut Deutschen Staats- und Rechtsgeschichte, fasc. 71, Breslau, 1904. - M. Championnière, "La propriété des eaux courantes", Paris, 1846. - F. de Sohet, "Instituts de droit", livre 2, Ut. 47, Bouillon, 1773.

(2) "Profits directs: prix de la mouture, droits de justice: amendes, confiscations; profits indirects: cens plus élevé. - Les seigneurs se rendaient parfaitement compte du gros profit du bannus; cfr. Ch. E. Perrin, "Recherches sur la seigneurie rurale en Lorraine d'après les plus anciens censiers (IXe-XIIe s.)", p. 669, Strasbourg, 1935.

(3) A. Wohlwill, "Die Anfänge...", p. 11. - G. Kurth, "Nolger de Liège et la civilisation au Xe siècle", t. I, p. 195, Paris-Bruxelles, 1905. - L. Lahaye, "Les paroisses de Liège", dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XLVI, passim, Liège, 1921. - É. Poncelet, "Les domaines urbains...", passim.

(4) L. Lahaye, "Les paroisses...", p. 58. - E. Polain, "La formation territoriale de la Cité de Liège, dans la Revue du Nord, t. XVIII, p. 165-168, Lille, 1932. - É. Plncklet, "Les domaines...", p. 67-90.

- 102 -

cloître de Saint-Lambert (x), tandis que le prévôt se voyait conférer le domaine de la Sauvenière (2). Les collégiales et l'abbaye de Saint-Jacques se partagèrent le reste avec les illustres familles laïques des Prez, de Warfusée, de Hozémont, de Celles, de Thynes, etc. (3) et l'avoué (4). Dans la banlieue, les seigneuries d'Avroy (5), de Fragnée (6), l'île Brunenck (7), les domaines de la Boverie (8), de Fétinne (9), de Bernimolin (10), de Vivegnis (11) relevaient du Chapitre de Saint-Lambert; l'abbaye de Saint-Laurent régnait sur une vaste portion de la colline du même nom tirant vers Avroy et Saint-Gilles (12); le Val-Benoît (13), le Val-Saint-Lambert (14), le Val-Dieu (15), d'autres fondations religieuses possédaient des biens immunitaires.

----------------

(1) L. Lahaye, "Les paroisses...", p. 52. - A. Wohlwill, o.c., p. 86.

(2) L. Lahaye, "Les paroisses..", p. 80-100. - G. Kurth, "La Cité de Liège au Moyen Age", t. I, p. 69. - J. de Chestret, "Les fieffés de Saint-Lambert", dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XXIV, Liège 1894. - A propos des biens de N.D. aux Fonts, voir ce que dit É. Poncelet des domaines de Vingnis-Cronmeuse; cfr. "Les domaines...", p. 156 sv.

(3) L. Lahaye, Les paroisses..., p. 21, 42, 48, 50. - E. Poncelet, "Les domaines...", p. 109-194.

(4) A l'avouerie de la Cité était joint un franc-alleu situé en majeure partie dans l'île ; cfr É. Poncelet, L'avouerie de la Cité de Liège, dans le Bull, de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, t. XXIII, Liège, 1931.

(5) Ne pas confondre avec le baillage du même nom; cfr. T. Gobert, "Liège à travers les âges", t. II, p. 85-86, Liège, 1925.

(6) T. Gobert, "Liège à travers les âges", t. III, p. 84-85, Liège 1926. - E. Poncelet, "L'avouerie...", p. 115.

(7) Identifiable avec le Bernenkilhe de l'acte du 7 janvier 1252 dont nous reparlerons; cfr S. Bormans, Recueil des ordonnances..., 1e série, p. 44. - T. Gobert, o.c., t. I, p. 80, n. 6, Liège, 1924; t. II, p. 264.

(8) T. Gobert, "Liège...", t. II, p. 239.

(9) Idem, t. III, p. 30.

(10) Idem, t. II, p. 198.

(11) Idem, t. V, p. 572, Liège, 1928.

(12) Idem, t. II, p. 515 sv.

(13) Idem, t. III, p. 84-85; t. V, p. 479 sv.

(14) Idem, t. V, p. 493 sv.

(15) Le quartier de Saucy appartenait à cette abbaye, - E. Bâcha, "Les chartes du Val Dieu (XIII-XIVe s.)", dans le Bulletin de la commission royale d'histoire, 5e série, t. IV, p. 266.

- 103 -

La seigneurie de Jupille avec ses dépendances de Bressoux, Péville, Grivegnée, Amercœur, Robermont, dépendait de l'évêque de Verdun Q). La seigneurie d'Angleur (2), celle de Molins (3), la seigneurie de Kinkempois (4) étaient fiefs du Prince-évêque. La famille des Prez possédait des alleux à Longdoz et en Outre-Meuse (5), celui des Bernalmont s'allongeait sur les coteaux de Vottem (6). Ni dans la Cité, ni dans la banlieue, la juridiction seigneuriale n'était donc unique; la commune naissante eut à lutter contre cet état de choses qui n'est exceptionnel ni dans la Principauté (7), ni ailleurs en Europe occidentale (8). Les titulaires de biens, - institutions religieuses que les immunités coutumières font seigneurs ecclésiastiques (9) ou les

----

(1) S. Bormans et E. Schoolmeesters, "Cartulaire de l'église Saint- Lambert à Liège", t. II, p. 172-176, 186, 192, 431.

(2) T. Gobert, "Liège...", t. II, p. 59. - E. Poncelet, "Le livre des fiefs d'Adolphe de la Marck", p. xlviii, Bruxelles, 1896.

(3) T. Gobert, "Liège...", t. II, p. 83.

(4) É. Poncelet, "Le livre des fiefs...", p. lu. - T. Gobert, "Liège...", t. III, p. 439.

(5) L. Lahaye, "Les paroisses.."., p. 42.

(6) T. Gobert, "Liège...", t. II, p. 193.

(7) A. Wohlwill, "Die Anfànge...", p. 16, 72.

(8) Les excellents travaux de J. Flach, "Les origines de la France", t. 1, Paris, 1893, et H. Pirenne, L'origine des constitutions urbaines, dans la Revue historique, t. LVII, Paris, 1895, ont été repris par G. Des Marez, "Études sur la propriété foncière dans les villes au Moyen Age et spécialement en Flandre", Gand, 1898 qui s'y attarde longuement; cfr. pp. 183 sv. - Ces ouvrages aident à comprendre le remarquable mémoire de F. L. Ganshof, "Le développement des villes entre la Loire et le Rhin au Moyen-Age", Paris, 1943.

(9) Le diplôme de Henri V du 23 décembre 1107, touchant les biens ecclésiastiques à Liège les exempte de la juridiction séculière; cfr J.Raikem et M. Polain, "Coutumes du Pays de Liège", t. I, p. 353 sv., Bruxelles, 1873. - II fut renouvelle par Henri de Gueldre, en 1253, et par Guillaume IV, roi des Romains, en 1254. - Voir ce qu'en dit G. Des Marez, "Études sur la propriété...", p. 30-31, 146. - Voir aussi A. Wohlwill, "Die Anfänge...", p. 11. - Le cas du prévôt de la Cathédrale est typique ; cfr p. 102, note 2. - Sur les habitants des terres d'église liégeoises; cfr. F. L. Ganshof, "Les «homines de Casa Dei» du très ancien droit liégeois", ici même, t. I, 1922.

- 104 -

seigneurs laïcs privilégiés par le Prince ou le Chapitre (1), - détenaient sur ceux-ci des droits plus ou moins larges de justice et de hauteur. Les habitants de ces domaines payaient un cens, - celui-ci est en général récognitif du dominium seigneurial, - et presque partout une cour autonome leur administrait la basse justice ou, tout au moins, réglait les questions foncières (2). Or, la basse-justice suffit à imposer la volonté du seigneur pour l'utilisation par les surcréants des moulins et autres services banaux (3). Dans ces conditions on peut présumer que, comme ailleurs (4), les seigneurs liégeois ont usé de cette fa-

----

(1) Dans les premières années du xne siècle, la ministérialité est en pleine décadence : les biens et revenus formant l'apanage des ministériaux et tenus par eux jure ministerialitatis, leur sont presque toujours concédés jure feudali; cfr. E. Poncelet, "L'avouerie...", p. 105.
- Voir aussi F. L. Ganshof, "Études sur les ministérielles en Flandre et en Lotharingie", dans "les Mémoires publiés par la Classe des Lettres de l'Académie royale de Belgique", Bruxelles 1926.
- Ajoutons aux ministériaux les hommes féodaux du Prince, les fieffés de Saint-Lambert, l'avoué de la Cité, etc..

(2) Les cours de tenants, dont la plupart subsiste jusqu'au xvie siècle et beaucoup jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, sont les témoins de cette juridiction devenue uniquement foncière à la longue; cfr ci-dessus, p. 5-7.

(3) La basse justice s'occupe des redevances dues en matière foncière; cfr M. Bloch, La société féodale, Les classes et le gouvernement des hommes, p. 130, Paris, 1940.
- Ces redevances sont une application du droit de punir dévolu au seigneur; cfr. C. E. Perrin, "Recherches sur la seigneurie rurale en Lorraine...", p. 668.

(4) Pour le Hainaut; cfr L. Verriest, "Le régime seigneurial...", Louvain, 1916-1917.
- Pour Gand, Arras, etc.; cfr. G. Des Marez, "Études sur la propriété foncière..."
- Pour Douai; cfr. G. Espinas, "La vie urbaine de Douai", t. II et t. III p. 413 sv., Paris, 1911-12.
- Longtemps les seigneurs du lieu ou s'élève l'agglomération urbaine entendent assurer sur leurs nouveaux sujets leurs droits féodaux absolus; cfr. H. Pirenne, "Les villes au Moyen Age", p. 14, Bruxelles, 1927.
- L'existence de droits banaux n'est pas incompatible avec la formation de villes; cfr. la charte de Rodolphe, abbé de Saint-Trond, du 7 février 1112, C. Piot, "Cartulaire de l'abbaye de Saint-Trond", t. I, p. 38, Bruxelles, 1870.
- Pour Bruxelles; cfr. G. Des Marez, "Le travail à Bruxelles au XVe siècle", p. 299, dans les "Mémoires de la Classe des Lettres de l'Académie royale de Belgique", t. LXV, Bruxelles, 1904.
- Pour Mons: cfr. P. A. Wins, "La connélablie des boulangers de Mons...", p. 78, Mons, 1894.
- Pour Dînant; cfr. H. Pirenne, "La constitution de la ville de Dinant...", p. 35-36, Gand, 1889. -

- 105 -

culte, d'autant plus que le site urbain, en raison de l'abondance et de la richesse de son système hydrographique appelait, en quelque sorte, l'utilisation de la force motrice fournie par l'eau (1). Usurpée ou non, la banalité des moulins liégeois ne fait aucun doute (2). Les plus anciennes traces de moulins relevées dans notre ville datent de Notger à qui remontent deux de ces établissements, pour la collégiale Saint-Jean l'Évangéliste (3); rares sont les institutions ou seigneurs riverains qui, aux xie et xne siècles, ne possèdent pas leur usine (4); les grosses cultures Les pelletiers d'Amiens étaient tenus à l'égard de leur évêque à des obligations précises, écrit E. Coornaert, les brasseurs de Cambrai à l'égard du chapitre de leur ville, les meuniers de Douai et, sans doute, ceux d'Arras à l'égard des abbaye de Saint-Amé et de Saint-Vaast »; cfr Les corporations en France avant 1789, p. 51, Paris, 1942.

- Sur l'origine de la banalité voir l'exposé toujours remarquable de J. Flach, "Les origines de l'ancienne France", t. I, p. 323 sv.
- Voir aussi C. Koeline, "Das Recht der Mühlen...", p. 47-48.
- E. Glasson, "Histoire du droit et des institutions de la France", t. III, Paris, 1891. - P. Viollet, "Les établissements de Saint-Louis, t. 1, Introduction", Paris, 1881.
- P. Viollet, "Les communautés des moulins et des fours au Moyen-Age", dans la Revue historique, t. XXXII, p. 86-99, Paris, 1887.
- R. Thévenin, "La propriété et la justice des moulins et des fours", dans la Revue historique, t. XXXI, p. 241- 258, Paris, 1886.
- Pour le Pays de Liège, voir F.D. de Sohet, "Institut, de droit...", t. I, p. 143, Bouillon 1770.
- J. Ceyssens, "Le droit de banalité", dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XX, p. 33-98, Liège, 1896.

---------------------

(1) P. Le couturier, "Liétye, étude de géographie urbaine", Liège, 1930. - E. Polain, "La formation territoriale de la cité de Liège". - T. Gobert, "Liège...", t. IV, p. 252, sv., Liège, 1926.

(2) La concession d'un domaine urbain à un séculier ne conférait au bénéficiaire aucune juridiction personnelle, pénale ou criminelle, pense É. Poncelet, mais il n'est pas si affirmatif pour la basse justice; cfr "Les domaines...", p. 37 sv. Il reconnaît d'autre part que les domaines ecclésiastiques sont immunitaires.

(3) Acte du 13 mai 1147, Archives de l'État a Liège, "Fonds de Saint-Jean, chartrier". - Acte du 26 juillet 1186; cfr. A. Miraeus et F. Foppens, "Opera diplomatica", t. III, p. 353, Bruxelles, 1745.

(4) - Abbaye de Notre-Dame des Écoliers: moulin des Oies, des Orchenaux et de Riweal; cfr. Archives de l'état a Liège, "Fonds du couvent des Ecoliers", reg. 2, f° 225-237.

- Abbaye de Saint-Gilles: possédait aussi un moulin sur la Meuse; cfr. T. Gobert, "Liège...", t. III, p. 134.

- Abbaye de Saint-Jacques: moulin de Saint-Jacques; cfr. S. Balau, "Chroniques liégeoises", t. I, p. 25, Bruxelles, 1813.

- Abbaye de Saint-Laurent: moulin de Saint-Laurent et de Douxflot; cfr. Archives de l'Etat à Liège, Fonds de Saint-Laurent, cartulaire, reg. I, f° 26, 27, 67; Archives de l'état a Liège, "Fonds des pauvres en Isle", reg. 11, f° 92v°.

- Abbaye du Val-Dieu:
* moulin de Jottry; cfr. Ibid., "Fonds du Val-Dieu, liber privilegiorum", reg. 2, f° 335-336; cfr E. Bâcha, "Chartes du Val-Dieu", p. 154; cfr. J. Ceyssens, "Le domaine du Val-Dieu en 1275", dans Leodium, t. XI, p. 45-46, Liège, 1913;
* et le moulin de Saucy; cfr. "Liber privilegiorum", f° 379-381; cfr. E. Bâcha, "Chartes du Val-Dieu", p. 266.

- Abbaye du Val-Saint-Lambert: moulin de Courcelle; cfr. Archives de l'état a Liège, "Fonds du Val-Saint- Lambert", charte n° 35; le moulin Mousset; cfr. Ibid., n° 139; le Bochomolin; cfr. Ibid., n° 231.

- Hospice de Cornillon: Conreitmolin à Sainte-Marguerite; cfr. T. Gobert, "Liège...", "Liège à travers les âges", Liège 1926, t. II, p. 419.

- Pauvres en Isle: moulin de Jondry à Jupille; cfr. Archives de l'état a Liège, "Chambre des comptes", liasse 356.

- Cathédrale Saint-Lambert: Bernimolin; cfr. S. Bormans et E. Schoolmeesters, "Cartulaire...", t. II, p. 155; le moulin des Bons-Enfants ou de Saint-Lambert; cfr Idem., t. I, p. 250; le moulin de Pailhier qui relevait du coutre laïc de la cathédrale; cfr.J. de Chestret, "Les fieffés de Saint-Lambert", p. 30.

- Pour l'avouerie de la Cité: le moulin Rodulphe près de Lulay; cfr. S. Bormans et E. Schoolmeesters, "Cartulaire...", t. II, p. 77, note; deux moulins du Pont à Mousset; cfr. Archives de l'État a Liège, "Fonds des pauvres en Isle", cartulaire n° 3, f° 181.

- Pour Jean de Brabant, homme de fief de l'évêque, le moulin Brabant; cfr. Idem, "Fonds de Saint-Martin en Isle", reg. I, f° 119.

- Pour Wéry des Prez: le moulin de Johanrive et le Buralmolin; cfr. Idem, "Charte du Val-Benoit de 1197.

- Pour Jean Lardier, chevalier: moulin de Bêche; cfr. S. Bormans, "Le bon métier des drapiers de Liège", dans le Bulletin de la Société d'art et d'histoire, t. IX, Liège, 1866.

- Jean Pixhar, de Vivegnis; le Pixhamolin; cfr. T. Gobert, "Liège...", t. V, p. 572.

-------

(1) Voir par analogie l'article de H. van Werveke, "Comment les établissements religieux se procuraient-ils du vin au haut Moyen Âge?", ici même, t. II, 1923, p. 642-662. 

- 106 -

de céréales de la Hesbaye, du Condroz et du quartier wallon du Limbourg invitent, d'ailleurs, les détenteurs de domaines en ces pays à acquérir un moulin dans la région de Liège pour des raisons de commodité commerciale Q). L'indigence des sources auxquelles nous devons puiser nous laisse toutefois perplexe quant au régime qui était, de fait, celui de nos moulins. "II faut atteindre le xne siècle, écrit

- 107 -

L. Verriest (*), pour rencontrer un texte faisant apparaître nettement l'obligation pour les manants de se servir [des moulins des seigneurs]; je n'entends point du tout dire, d'ailleurs, que les banalités datent seulement de ce moment». Il parle du Hainaut, mais la même observation est valable pour Liège et le pays voisin, avec cette différence que le droit de banalité n'y apparaît traduit dans les écrits que dans le courant du siècle suivant (2). Or, bien avant cela, la Cathédrale Saint-Lambert et les collégiales comptaient parmi leurs serviteurs des molendarii, des échevins des eaux des moulins (3), personnages dont l'existence atteste, d'une part, l'exploitation de moulins pour le service commun des clercs et des laïcs résidant dans les encloîtres (4) et, de l'autre, une juridiction en matière de meunerie. Lorsque, plus tard, les moulins sont parfois détachés de la réserve seigneuriale et rendus à bail, les contrats garantissent aux preneurs un minimum de mouture (5). Le cas se présente, en 1218, pour le moulin aux Tripes sur Merchoul (6).

Cette clause paraîtrait bien aléatoire si quelqu'autorité n'en assurait la garantie. En 1252, le moulin de Joltnj, dépendant à d'autres seigneuries est rendu possible à partir du xme siècle par l'extrême division de la propriété; cfr L. Verriest, "La régime seigneurial...", p. 278.

------

(1) idem, p. 275.

(2) J. Ceyssens fait fort à propos remarquer que le droit de banalité quoique existant est rarement énoncé dans nos régions; il fait partie des mœurs; cfr Le droit de banalité, p. 45.

(3) Pour le détail de ces divers offices et de leur origine ; cfr le Liber officiorum de l'église Saint-Lambert à Liège, éd. S. Bormans, dans le Bulletin de la Commission royale d'histoire, 5e série, t. VI, p. 447,497, 502, Bruxelles, 1896. - L. Lahaye, "Les paroisses...," p. 21, 80. - A propos de la place du molendinarius dans l'organisation des domaines seigneuriaux ; cfr. L. Verriest, "Le régime seigneurial...", p. 23, 278.

(4) Domaine foncier d'une collégiale ou d'une abbaye dans la Cité de Liège. Ces domaines étaient fréquemment entourés de murs et défendus par des chaînes tendues en travers des rues.

(5) S. Bormans et E. Schoolmeesters, "Cartulaire...", t. I, p. 183, Bruxelles, 1893.

(6) Merchoul: ancien nom de la Légia, rivière liégeoise. - Ce moulin se trouvait à l'emplacement de l'actuelle rue de la Madeleine.

- 108 

L'acquisition de moulin sur des terres appartenance de l'abbaye du Val-Dieu, est typiquement banal puisqu'une amende frappe le manant moulant ailleurs, et que l'on doit s'y présenter par ban, c'est-à-dire à tour de rôle, à jour fixe (1).

Le moulin Curtius, en terre de Jupille, demeure banal jusqu'au retour de cette seigneurie au Prince de Liège, en 1266. Après cette date la banalité persiste pour le service des brasseurs seulement (2).

A Liège même se passe un phénomène similaire; des moulins réservés uniquement aux brasseurs (3) restent banaux jusqu'en pleine époque moderne. Notons, enfin, que les moulins sis à une certaine distance de la ville, - moulin de Jondry (4), moulin de Colonster (5), moulin d'Angleur (6), - conservent toujours un régime banal.

A partir du milieu du xine siècle, certains usages banaux paraissent avoir été systématiquement écartés de la Cité de Liège. Avant ce moment, rien ne permet d'en rejeter péremptoirement l'existence. Un événement se place donc vers cette date qui transforme l'économie des moulins traitant les céréales panifiables. Il est hors de doute que ce soit le Statut des moulins de 1257. Dans un milieu urbain en plein essor comme Liège, la persistance de privilèges heurtant, - telle la banalité, - la liberté de transaction des citadins ne pouvait, certes, être longue. Plus s'élèvent les besoins alimentaires d'une population

--------

(1) Arch. de l'état à Liège, Fonds du Val-Dieu, liber privilegiorum, reg. 2, p. 343-344 ; cfr. T. Gobert, Liège..., t. III, p. 429. - Sur les caractères de la banalité ; cfr. E. D. de Sohet, Instituts de droit..., t. I, p. 145, - J. Daris, "Le cartulaire de Saint-Laurent", dans le Bulletin de la société d'art et d'histoire, t. II, p. 181, Liège, 1882.

(2) S. Bormans, "Le bon métier des Tanneurs de la Cité de Liège", p. 185, Liège, 1863.

(3) Deux moulins de la Cathédrale; cfr. T. Gobert, "Liège...", t. II, p. 249. - Un moulin de l'avoué; cfr E. Poncelet, "L'avouerie...", p. 62- 63.

(4) Un acte de 1277 dit de ce moulin: "... chi mollin estoit bannalle que tout chis qui mannoient elle ville de Juppille dévoient moure à ce mollin par droit..."; cfr. Archives de l'état a Liège, "Chambre des comptes", liasse 356; ce règlement est recordé à plusieurs reprises et encore en usage au xvie siècle.

(5) Archives de l'état a Liège, Chambre impériale, dossier 2816.

(6) J. Daris, "Le cartulaire de Saint-Laurent", p. 181-182.

- 109 -

croissante, plus augmentent les causes de conflit, car le spectacle de la prospérité suscite chez ceux que leur autorité ou leurs privilèges peut favoriser, le désir de tirer profit de leur force. La question des boulangers, par exemple, créera entre les seigneurs des moulins liégeois de gros différends. Ces artisans s'introduisent dans l'économie urbaine pendant le xne siècle (x). Ils forment pour les meuniers des chalands du plus haut intérêt, aussi tout est-il expédient pour attirer leur clientèle. Aucun moyen de pression, aucun artifice de séduction n'est méprisé. Un contrat passé en 1252, entre l'abbaye du Val-Dieu et un boulanger accenseur d'un bien de cette dernière, jette quelque clarté sur ceux-ci. Quoique résidant sur un domaine soumis à la juridiction du prévôt du Chapitre cathédral(2), ce boulanger pour jouir de tous les fruits de sa location fera obligatoirement moudre son grain à Jottry, sous peine de 20 sous pour racheter les droits du moulin et une amende de 5 sous par charrette de grain soustraire à la mouture banale (3). Il bénéficiera en échange de cadeaux en nature à certaines occasions (4). Pression et séduction sont ici réunies.

----------

(1) Dès le milieu du siècle il est question du lieu où l'on vend le pain vénal; cfr E. Poncelet, Chartes de Sainte-Croix, t. I, p. 17, Bruxelles, 1911. - En 1196, Albter de Cuyck détermine le prix de vente du pain ; cfr S. Bormans, "Recueil des ordonnances...", 1e série, p. 29. - En 1203, 12 boulangers ont le poing coupé pour avoir vendu leur pain trop cher; cfr Jean d'Outremeuse, "Lu mireur des histors", t. IV, p. 577, Bruxelles, 1881. - L'allusion que G. Kurth fait à la fixation des prix du pain en 1119 est abusive. Il interprète un passage de chronique où il est fait mention de vivres en général; cfr La Cité de Liège, t. I, p. 61.

(2) La Sauvenière dont on voudra bien se souvenir que le prévôt possédait la haute et la basse justice ; cfr p. 102, n. 2.

(3) Archives de l'état a Liège, "Fonds du Val-Dieu", reg. 2, Liber priuile- giorum, i° 341-343.

(4) A la Toussaint: 2 oies; à la Noël: 2 setiers de mouture et 4 chapons; à Pâques: 200 œufs et 2 setiers de mouture; à la Pentecôte: 2 setiers de mouture; cfr Imn. - Ces usages se rencontrent encore, au xvie siècle, à Herstal; cfr. A. Collart-Sacré, "La libre seigneurie de Herstal", t. II, sut Moulins, Liège, 1937. - Les règlements pour les meuniers de Liège ne cessent d'insister de même sur l'interdiction d'attirer la clientèle par des cadeaux; cfr E. Poncelet, "Les bons métiers de la Cité de Liège". - C. E. Perrin, "Recherches sur la seigneurie rurale en Lorraine...", p. 670; relève 'l'ingéniosité déployée par certaines abbayes pour dérober aux seigneuries voisines des individus assujettis au droit de ban.

- 110 -

On devine les rivalités que ces procédés attisent et l'on conçoit que dans cette ambiance se fortifia le désir des autorités communales et du pouvoir souverain, responsables de l'ordre, de supprimer les causes du mal (*). La lettre du Commun profit du 7 janvier 1252 avait ouvert la voie vers l'unification législative en matière de choses vénales en suspendant sur leur ban respectif la juridiction des seigneurs (2) d'Avroy, d'Ans, de la Boverie, de Saint-Laurent et de Bernenkilhe (3) au profit des échevins de Liège (4). Dans le même esprit, le tarif mobile du prix du pain du 24 février 1252 postulait plus d'unité dans les relations entre les boulangers et meuniers (5). Ces circonstances amènent, en quelque sorte, l'acte du 1er août 1257 et, en tout cas, l'expliquent. Que constatons-nous lorsque nous serrons de près le te xte même du document litigieux? Les données les plus immédiatement accessibles paraissent soutenir l'hypothèse de J. de Chestret: A. Dans un cercle d'une lieue de rayon dont la Cité occupe le centre (6), tous les moulins auront les mêmes droits et devoirs. Aucun boulanger de cette zone ne fera moudre son grain en dehors de cette limite, sauf pour raison spéciale: crue, maigre, gelée, etc (7).

-----------

 (1) Depuis la fin du xne siècle la ville, cherche à disputer la suzeraineté et la Cité au Prince; cfr. E. Poncelet, Les domaines..., p. 15 sv. p. 37 sv.

(2) "Dominus illius banni".

(3) Une première banlieue se formait ainsi juridiquement autour de la Cité; cfr T. Gobert, "Liège...", t. I, p. 80, Liège, 1924.

(4) S. Bormans, "Recueil des ordonnances...", 1e série, p. 44.

(5) Pour maintenir le prix du pain aux chiffres prévus, il faut évidemment que le boulanger soit libéré de l'arbitraire des meuniers; cfr S. Bormans, "Recueil des ordonnances...", 1e série, p. 47.

(6) "... dedens une Uwe tot entour..."

(7) "... ou par trop grande aiguë, ou par trop grant yver, ou par trop grande sechour d'esteit, ou par autre necessileit qu'il ne poissent eschiwer, bien puelent moire là ou il welent..."

- 111 -

Β. Afin de régulariser les rapports avec les clients, il est prescrit aux meuniers : 1° le respect d'un tarif unique de mouture, la 22e partie des céréales à traiter revenant au meunier (x), 2° l'interdiction d'attirer les « pratiques », boulanger ou bourgeois, par promesses (2) ou gratifications (3), sauf les dons traditionnels aux quatre haus gemmas (4), 3° le remesurage de la farine, au retour du moulin, en présence des parties engagées (5). On reconnaît dans ces prescriptions la marque de l'unité urbaine, son souci d'ordre et de bien-être public. Cependant, un examen plus attentif des protocoles et de certaines clauses nous laisse devant les faits suivants, à notre sens plus importants : A. Les acteurs sont l'élu de Liège, le prévôt et le Chapitre de Saint-Lambert (6), c'est à dire les plus hauts seigneurs fonciers du Pays et les détenteurs du pouvoir souverain. La Cité qui intervient directement dans l'acte de 1252 (7), paraît à peine ici; elle acquiesce (8), c'est-à-dire qu'elle ne voit pas d'objec-

-------

(1) "... la vindoseme à laqueil on at aconstumeit à moire..."

(2) "... qu'il ne promette, ne ne doinst aucune esperanche de deservir aus devans dis bolenger ou a autrui ens en leur nom par coi li devans dis bolengier soient plus tenus à moire à l'un des sangnour qu'à l'autre."

(3) "... nus... ne rechiverat... au saingneur des molin... ne en deniers, ne en vestemens, ne en prest, ne en nule autre maniere..."

(4) "... sauf ce ke li bolengier auront ce qu'il doient avoir... as haus gemmas..."; Noël, Pâques, Pentecôte et Assomption; cfr J. Haust, "Dictionnaire liégeois", p. 223, s. v° djama, Liège, 1933.

(5) "... ci le doit remesurer devant lui, se il wet..."

(6) "Henrys, enlies de Liège par la Deu grasce, Jehans prevost par la Deu grasce, Giles li doyens et tout li archediake et tous li capilles del egliese mon seigneur sain Lambert de Liège mandent..."

(7) "... villicus, magistri, scabini, jurati cetereque cives..."; cfr S. Bohmans, R"ecueil des ordonnances...", 1e série, p. 44.

(8) "... ils ont ordeneit par le volenleit et par l'olroi des II maistres de Liège et des eschevins et de tous les voirs jureis de le Chiteit..."

- 112 -

tion; la chose dépasse sa compétence. Il est vrai que si l'acte de 1252 était concessif, celui-ci est impératif Q).

B. Les destinataires sont, non seulement les meuniers ou les boulangers, directement intéressés par les règlements d'activité professionnelle, mais des personnages plus haut placés dans l'échelle des valeurs sociales, les saingnours de molins, c'est à dire les propriétaires fonciers (2), dont les meuniers sont locataires ou tenanciers (3).

C. Ces seigneurs sont riches, certains du moins, car ils ont parfois plusieurs moulins (4); ils sont indépendants, leurs meuniers leur promettent féauté (5) et ils ont, jadis, obtenu du Prince et du Chapitre cathédral (6) des privilèges et immunités (7). Ils sont puissants, on renonce à leur imposer le serment de fidélité aux échevins que l'on réclame de leurs sujets (8).

---------

(1) En 1252, chaque seigneur signataire réservait ses droits. Les amendes revenaient en partie au seigneur sur le territoire duquel s'était constatée l'infraction: "... de quolibet autem forefacto supraedicto habebit advocatus in banno ubi advocatus est septimam partem; si vero advocatus ibi non fuerit dominus illius banni ubi forèfacta obveniunt habebit septimam partem", etc..; cfr. S. Bormans, "Recueil des ordonnances...", 1e série, p. 44.

(2) "Meijsters offl heerschappen..., lit-on dans le Paweilhar des échevins de Vliermael", n° 1521, f° 527. - Acte du 30 novembre 1270 pour les moulins de Douai; cfr G. Espinas, "La vie urbaine de Douai", t. III, p. 413, Paris, 1912. - Le propriétaire y est désigné sous le nom de sire ou signeur et s'oppose au molsnier, locataire. - Signeur = propriétaire jouissant du dominium; cfr L. Lahaye, "Les paroisses...", p. 102.

(3) "... pachters...; ... ceaus qui tinent les molins...."

(4) Ils ont plusieurs meuniers dirigeant chacun des valets; "... chascun sire des molins frat renoveleir... a chascun de ses meuniers... ; ... les meuniers et leur mesnie... et leurs sergans."

(5) "... que les sangnours fâchent jureir fealteit..."

(6) Le coûtre auquel il est fait allusion dans l'acte est, avec le prévôt, un des personnages les plus considérables du Chapitre cathédral. Les fieffés de Saint-Lambert et tous les serviteurs sont placés sous sa juridiction; cfr. J. de Chestret, "Les fieffés...", p. 34-35.

(7) "Nus privilege ne hommage del veske de Liège ou del costour ne les porat garder de paier la paine devant ditte."

(8) Souvent les exploitants d'un moulin banal prêtent serment devant la communauté, mais non les propriétaires ; cfr moulin de Jupille, Archives de l'État a Liège, "Cour de justice de Jupille", liasse 282, cah. 1477-88, f° 28.

-113 -

On craint leur influence sur les meuniers car on les rend solidairement responsables des infractions dont ils pourraient être la source; ce cas échéant les uns et les autres seront mult durement greueis, les meuniers étant punissables d'excommunication ou de bannissement (*), leurs maîtres d'amende et de fermeture des moulins (2). La sévérité des peines prouve que ceux qui en sont l'objet sont capables de résister à la volonté conjuguée du Prince et du Chapitre (3).

D. Ces derniers se proposent de mettre fin aux mavais usages, aux mavaises constumes régnant à Liège. Dans les documents contemporains ces mots désignent fréquemment les exactions seigneuriales, ces consuetudines ou redevances coutumiè- res qui se concentrent entre les mains des domini fundi, au grand dommage des surcéants (4). Or la banalité n'est-elle pas pour les citadins une contrainte bien pénible? Ainsi, ce mandement émane des hauts seigneurs fonciers du Pays; il s'adresse à d'autres seigneurs, plus ou moins riches, plus ou moins puissants, en qui on reconnaît les propriétaires et possesseurs des nombreux domaines détaillés ci-dessus. Il limite le dominium, circonscrit les hauteurs, restreint la juridiction

-----------

(1) "... que de dont en X ans en après ne puist moire dedens le destroit de Liège... ; ... sor peine d'escommeniement..".

(2) "... ens la peine de XX mars de Ligois... ils poront entredire les mo- lins se H sangnour des molins l'on meffait". - Le marc liégeois vaut 80 sous liégeois ; cfr J. de Ghestret, Numismatique de la Principauté de Liège, p. 26, Bruxelles, 1895.

(3) Les peines doubles ne sont pas rares, l'excommunication est employée par les autorités synodiales comme Yalbanise par les échevins ; cfr charte de 1208, J. Raikem et M. Polain, Coutumes du Pays de Liège, t. I, p. 367, Bruxelles, 1873.

(4) Le terme exaction désigne d'abord, en général, les droits de hauteur des seigneurs : mainmorte, meilleur catel, taille, corvée, etc., par la suite il s'applique plus particulièrement aux redevances gênantes : service d'ost, taille arbitraire et tout autre usage dommageable ; cfr L. Verriest, "Le régime seigneurial...", p. 10, 33; C. E. Perrin, Recherches sur la seigneurie rurale en Lorraine... p. 671. R . B. Ph. et H. - XXVI. - 8.

- 114 -

des propriétaires et possesseurs en cause. Il est donc autre chose qu'un bénin règlement communal. Il mérite mieux que la place qu'on lui laisse dans l'histoire liégeoise, car il supprime, disons-le tout net, le droit individuel de banalité des moulins attenant à ces seigneuries ; ou plutôt, il transfère ce droit à la commune ; en même temps, il enlève la justice affé- rant à ce droit pour la confier aux échevins de Liège entre les mains desquels repose la justice urbaine (1).

Il pose, par conséquent, un acte de centralisation dont la Cité de Liège profite et qu'on ne peut nier. La Cité intervient-elle? Apparemment non, bien qu'on la sente présente; elle reçoit le statut que, comme souverains, veulent bien imposer à ses moulins et à leurs usagers, - les bourgeois, - le Prince (2) et le Chapitre cathédral; le sceau qu'elle appose au bas de l'acte est un témoignage de soumission (3). En fait, toutefois, on peut admettre que c'est à sa requête que la décision fut prise, car elle en bénéficie au premier chef. Cette ordonnance marque une étape notable dans l'unification judiciaire de la ville, dans la formation de ses institutions : elle apporte le remède attendu. A la mosaïque de domaines, de juges et de droits (4), elle substitue la banlieue idéale unique, harmonique, une seule police et justice, celle des échevins de Liège (5). A l'autorité personnelle des seigneurs se superpose

------

(1) "... et quant plainte en serat faite et demostree al maiour et al eske- vins de Liège del trepassement del ordement et del status... il poront entredire les molins se li sangnour des molins l'on meffait.... Ils pourront, aussi prendre wage". - Les échevins de Liège, sous la protection de l'avoué représentent la justice urbaine ; cfr C. de Borman, "Les échevins de la souveraine justice de Liège", t. I, Liège, 1892.

(2) Ici l'élu.

(3) "Et por ce que les devantdittes ordenanches ne puissent ne ne soient défaites, avons nos fait enforchier icest escrit par le muniement de nos saiaus awec le saial soilement de le citeit de Liège, laquelle i at doneit son otroi et son assens".

(4) F. Magnette, "Précis d'histoire liégeoise", 3e éd., p. 51-52, Liège, 1929.

(5) L'unification totale envisagée ne se réalisera jamais complètement, car il y aura jusqu'à la fin de l'Ancien Régime des conflits de juridiction entre les cchevins de Liège et les cours des districts voisins : Avroy, Amercoeur, etc.. ; cfr. E. Polain, "La vie à Liège sous Ernest de Bavière", dans le Bulletin Institut archéologique liégeois, t. LX, p. 66-67, Liège, 1936.

- 115 -

celle de la commune, à laquelle les tenanciers des moulins prêteront désormais un serment plus redoutable que la promesse de féauté faite aux maîtres du sol (1). Les églises lésées au premier titre par cette réforme, parce que gros propriétaires fonciers, sont invitées en témoignage de loyauté à renouveler ces prescriptions quatre fois l'an (2) en une forme particulièrement solennelle (3).

En échange, elles prélèveront sur chaque roue de moulin une taxe de six deniers*dont le montant servira à les indemniser d'une manière symbolique de la perte de leur privilège (4). Ainsi se poursuit l'œuvre de désagrégation du régime seigneurial et des droits immunitaires commencée en notre ville avec le diplôme impérial du 23 décembre 1107 (5), accentuée par la magna charta d'Albert de Cuyck en 1196 (6), poursuivie par l'ordonnance du 7 janvier 1252 (7).

---------------

(1) Sans doute est-ce parce qu'elle contribue à l'émancipation de la Cité que cette charte figure parmi les pièces versées par cette dernière au grand procès concernant les clefs magistrales; cfr Archives de l'état a Liège, "Chambre impériale", dossier 1334, pièce n° 325.

(2) A Pâques, à la Pentecôte, à la Toussaint et à la Noël.

(3) "As chandoilhe ardans et as cloces sonans".

(4) "Qui refusera de s'exécuter, on le porat escemmenier par toutes les eglieses de Liège chascun diemenge et feste jour..."

(5) Ce diplôme enlevait à la juridiction ecclésiastique les marchands notoires et les gens de métiers résidant sur les domaines religieux, pour les confier aux échevins. - Cette œuvre s'achèvera dans la Cité par la Paix des Clercs, en 1287; cfr. A. Hansay, "Le diplôme de Henri V pour l'église de Liège en 1107", ici même, t. I, 1922, p. 510-514. - J. Raikem et M. Polain, "Coutumes du Pays de Liège, t. I, p. 353 sv. - Sur la querelle entre échevins et église de Liège; cfr. G. Kurth, "La Cité de Liège au Moyen Age", t. I, p. 65-69.

(6) Celle-ci exempte les cives de la taille et du service militaire ; restreint la juridiction synodale aux cas réservés au for ecclésiastique ; supprime la mainmorte et confie aux échevins le droit de justice sur les bourgeois; cfr. S. Bormans, Recueil des ordonnances, Ie série, p. 29.

(7) Tout au long de ses Études sur la propriété foncière..., G. des Marez constate que l'autorité ne passe pas toujours brusquement du seigneur

- 116  -

Edictée au lendemain du dernier soulèvement de Henri de Dînant, la lettre de 1257 vise certainement à rehausser le prestige de Henri de Gueldre qui s'y révèle habile diplomate. Par une concession pour lui bénigne, il attache les échevins à sa cause, s'attire les sympathies désirables des bourgeois et réduit l'influence des chanoines, collègues gênants. Il éprouve enfin son autorité sur les seigneurs laïcs dont, en suzerain, il ampute quelques privilèges (1).

On objectera que les plus anciens recueils juridiques, - les Paweilhars, - ne retiennent de ce texte que la police des vivres. A ceux-là nous répondrons que cette erreur, ou plutôt cette modification de perspective, est aisément explicable. La résistance aux stipulations de cette charte fut vite vaincue. Dès le début du siècle suivant, tous les moulins à farine ont, dans le cercle prévu, renoncé à leurs privilèges ou sont sur le point de le faire (2).

Très vite le souvenir du motif principal pour lequel cet acte fut promulgué s'efface, tandis qu'apparaît de plus en plus claire son importance au point de vue annonaire (3). Pour les meuniers et les boulangers personnellement, c'est "leur lettre", celle d'après laquelle se règlent leurs diffé- foncier aux échevins, il y a souvent une gradation dans l'évolution; cfr. p. 18-24, 98-99, 104, 146-147, 159. - Sur un plan plus exigu la condition des alluans de Saint-Lambert et de Notre-Dame présente une transformation pareillement graduelle; cfr F. L. Ganshof, "Les homines de Casa Dei" du très ancien droit liégeois, l. c.

(1) Le Prince dispose de toute autorité sur les nobles de la Cité et de la banlieue; cfr? É. Poncelet, "Introduction aux oeuvres de J. de Hemricourt", t. III, p. civ, Bruxelles, 1930. - G. Kurth, La Cité de Liège..., t. I, p. 167. - On sait qu'il conserve tout pouvoir sur la banalité; cfr. F. D. de Sohet, "Instituts de droit...", t. I, p. 143.

(2) Le 14 avril 1301, il est délivré copie authentique de la lettre de 1257, preuve qu'il y a encore des résistances ; cfr. Archives de l'état a Liège, "Fonds des échevins", Paw. A (7), f° 200 v°. - En 1307, par contre, les propriétaires des moulins signent une convention avec leurs meuniers sauvegardant cette lettre; cfr É. Fairon, "Chartes confisquées... après la bataille d'Othée (1408)", p. 117, Bruxelles, 1938.

(3) Le 1r juin 1314, l'évêque Adolphe de la Marck interprète cet acte comme un accord entre meuniers et boulangers: "Li dis Adoulf dist avoir veuwe II lettrez entre les meuniers et les boulengiers, le premiere par Henry, adont eslieut de Liège..."; cfr E. Fairon, ibidem.

- 117 -

rents et à laquelle on se réfère; c'est la lettre des moulniers et des bollengiers (1). Le règlement de Jean de Bavière, du 20 novembre 1401, qui en confirme et développe les termes restés les plus actuels, ne contribue pas peu à fortifier cette conception (2). Au xvie siècle, cependant, lorsque le baron de Horion voudra obliger les meuniers et boulangers de Liège à se soumettre à la banalité du moulin d'Angleur, ils invoqueront l'ordonnance du 1401 qui, croyaient-ils, mettait fin à la banalité (3). Les brasseurs, cent ans plus tard, défendront le même thème pour rejeter, contre la Cathédrale Saint-Lambert, la banalité des moulins au braaz (malt) (4).

Les uns et les autres sont mal fondés parce que le moulin d'Angleur est en dehors de la lieue symbolique et que seule la mouture panifiable est soustraite à la banalité, mais il est évident que c'est la vieille lettre de 1257 qu'ils visent en en appelant à celle de 1401 . Ainsi se justifie le titre que nous traçons en tête de cet exposé: Statut des moulins...; ne voir dans ce document qu'une lettre des boulangers et des meuniers, soit au titre corporatif, soit au titre commun profit, serait n'en saisir qu'un effet sans en dégager la cause. Il semble donc qu'il faille désormais introduire cette ordonnance par l'analyse suivante: Avec l'approbation des bourgmestres, jurés et échevins de Liège, Henri de Gueldre, élu, et le Chapitre cathédral de Saint-Lambert créent une zone banale comprenant la Cité, assujetissent les moulins y séant à un statut commun et confient l'application de celui-ci aux écheuins de Liège.

------------

(1) Le Liber cartarum de la Cathédrale Saint-Lambert ne commet pas l'erreur des Paweilhars. Voici l'analyse qu'il donne de cet acte: "De molendinis leodiensis et ne aliquis pislorum civitatis possit molere extra leucam banalem dicte civitatis".

(2) Les causes du renouvellement paraissent cependant bien dans l'exposé de l'acte, elles sont autres que celles de la charte de 1257; on reprend certaines expressions de cette dernière sans les comprendre; cfr S. Bormans, "Recueil des ordonnances...", 1e série, p. 375.

(3) Archives de l'État à Liège, Chambre impériale, doss. 2816.

(4) Ibid., dossier 1448.

-------------------------------------

René Van Santbergen, "Les Bons Métiers des meuniers, des boulangers et des brasseurs de la Cité de Liège. Contribution à l'histoire des corporations liégeoises", Liège, Université de Liège, Faculté de Philosophie et Lettres, 1949 (vol. 115). 1949, 376 p.; deuxième édition revue et corrigée, Paris, Société d'Edition "Les Belles Lettres", 1977.

(p. 163) Le nombre des meuniers était assez élevé, sous texte formel, nous pouvons cependant l'affirmer grâce au nombre des moulins (1).
L'art de la meunerie se répandit de bonne heure à Liège, ville dotée d'une riche hydrographie. Beaucoup d'institutions religieuees ou ciivles y possédaient un moulin pour le traitement des céréales récoltées dans leurs domeines de Hesbaye, du Condroz ou du Quartier wallon.
Au 13e siècle, quatorze moulins importants, exploités par des locataires, relevaient d'abbayes ou d'autres organismes.
En 1455, l'Ourthe actionnait trente-quatre "thours", soit au moins 12 moulins, au seul quartier d'Outremeuse. (2)
Au 16e siècle, le petit ruisseau de Jupille en mouvait tout autant (3).

Mais, les plus célèbres jalonnaient la Légia:
- les moulins au "braaz" de la Cathédrale,
- le moulin des Bons Enfants,
- le Coreit  molin,
- le Pailhy
- le Douxfloxhe
- le moulin de Saint-Laurent
- le moulin "za tripes" derrière "Mangonerie".

Aux moulins riverains de la Meuse, s'ajoutent encore les moulins flottants décrits par Philippe de Hurges et si bien appropriés au régime capricieux des eaux mosanes (5).

Les moulins à vent des coteaux herstaliens, les moulins à manège (6) complétaient cette extra concentration.

Songeons qu'à Paris, au 14e siècle, il n'y avait pas septante moulins (7), tandis qu'à Bruxelles, en 1615, il n'y avait que vingt-trois maîtres meuniers (8).
La meunerie liégeoise était donc une industrie imposante, et travaillait en temps normal pour l'exportation (9).

(p. 164) L'outillage et les installations étant nécessairement coûteux, les meuniers étaient gens aisés (10) ("vires rotundi, simplices, optimi") dit Lambert de Vlierden, peu enclins donc à s'inquiéter des injures dont, à tort ou à raison, les accablait la malignité publique (11)

------------

(1) Cfr. J. Lejeune, "Liège et son Pays..., p. 491.

(2) E.L.O., reg. 19, f° 292 v°.

3) Pièce du 5 décembre 1627; cfr. Chambre des Comptes, lias. 356.

(4) "Mangonerie": halle aux viandes. - Sur le ruisseau d'Ans, lit-on dans une chronique manuscrite de 1665, il y a 13 moulins à 2 "tours" et sur la rivière de Meuse, Oute, Vesse et Amblève, il y en 7 desquels plusieurs ont quatyre tours; cfr. T. Gobert, "Liège...", t. IV, p. 253, n. 4.

(5) "Voyage à Liège", p. 125, 144, 145. - La création de ces moulins soulève le problème du droit civil de savoir s'ils sont bien meubles ou immeubles; cfr. Mean, Opere..., t. I, p. 232.

(6) L. De Vlierden, "Tractatus de numero et ordine...", p. 18.

(7) G. Fagniez, "Industrie à Paris ...", p. 7, 158. - A Anvers, au 18e siècle, il y a vingt à v ingt)cinq moulins; cfr. F. Prims, "Herfsttij...", p. 2.

(8) G. Des Marez, "Le travail à Bruxelles...", p. 165.

(9) Il arrive cependant qu'en temps de gelée la population doive s'approvisionner en dehors de la banlieu. Le cas est prévu depuis 1257.

(10) Le prix des location des moulins prouvent l'importance du profit de l'exploitation. Des meuniers locataires sont propriétaires de biens, leurs valets ont parfois des servantes; cfr. "Fonds des Etats, Capitation", divers registres; voir des contrats d'affermage dans les actes notariés et les E.L.O.

(11) Viri sunt ... candidi et cum candidi et candida faciant omnia ... cur tamen in casu graecis incognito male audiant necdum didici; cfr. L. de Vlierden, "Tractatus de numero et ordine...", p. 19; E. Poncelet "Les Bon Métiers...", p. 98. 

--------------------------------------

Outremeuse

Moulins d'Outremeuse

Moulin des Petites-Oies, moulin des Grandes-Oies, moulin à huile des Petites-Oies sur Rivelette, moulin du Chapeau-de-Fer sur Rivelette, moulin Henkar En-Châtre, moulin Cassar En-Châtre, moulin Deltour et moulin Chapelle rue des écoliers, Moulin Gillement et Moulin d'amont en Saulci, moulin Ancions et moulin Chapelle en Gravioûle, moulin Levoz et moulin Kinet et Målikou.

Absence de rénovation

Cette importance économique explique qu'une population dense se soit installée dès avant la révolution industrielle, mais elle est groupée dans un réseau de rues, ruelles et impasses qui se développe de part et d'autre de l'itinéraire vers l'Allemagne. Les rues sont considérées comme des annexes de la maison, l'endroit où les gens vivent, se rencontrent, et l'étroitesse est leur défaut majeur, des rues de trois mètres sont bordées d'immeubles de douze mètres, la bourgeoisie ne s'y installe pas. C'est probablement ce qui explique qu'Outremeuse fut le dernier quartier à profiter des embellissements du 19e siècle.

Les épidémies 

Rue Roture, entrée de la partie étroite vers la rue Puits-en-Sock et la "cage aux lions". 

La nécessité de rénover se fait fortement sentir au 19e siècle, des rapports rédigés à l'initiative de la ville, en 1860 et 1890, , font état de l'insalubrité du quartier et des mauvaises conditions de logement des habitants, ainsi que de l'urgence des travaux pour y remédier. La dégradation progressive des cours d'eau qui traversaient le quartier accentue la dégradation du quartier. Il semble que jusqu'à la fin du XVIIe siècle les autorités curaient les biefs et assuraient leur bon état. Mais au fil des ans, ils vont devenir des égouts à ciel ouvert: la Dérivation la suppression du bras d'Avroy et du bras de la Sauvenière a comme conséquence une diminution du débit des petits biez qui pendant l'été, stagnent et deviennent source d'épidémies. Les déchets des égouts mélangés à ceux du terre-plein de la rue des tanneurs, ceux des pêcheurs (derrière le quai van Beneden), ceux de l'hôpital de Bavière (à l'époque place de l'Yser), ou encore les déchets des chevaux de la Caserne des écoliers, ne vont pas arranger les choses. La mortalité dans le quartier lors des épidémies est double par rapport au quartier du Marché de la Cité. Les autorités de l'époque constatent en 1866, que la rue Puits-en-Sock a quatre fois moins de décès que la rue Porte-aux-Oies, la Male vôye, ou la Rualette. L'épidémie de 1883 a semble-t-il eu d'autres origines puisque les travaux qui comblaient les biez et certains boulevards étaient faits. Les tranchées faites pour les égouts et le gaz sans précautions de désinfections et le reflux des égouts dans les caves lors des inondations propagent à nouveau l'épidémie.

Les grands travaux du XIXe siècle

Le boulevard Saucy, ancien bras de la Meuse qui pénétrait en Outremeuse, comblé en 1860

Entre le quartier d'Outremeuse en 1830 et celui de 1880, la différence est nette. D'un côté une semi campagne, de l'autre un ensemble complètement urbanisé. De l'ancien Dju dla Moùse, il reste au début des années 2000 la voie commerciale qui conduit du pont des arches au pont d'Amercoeur et les rues et impasses adjacentes. Du quartier Saint-Pholien, dont l'emplacement de l'église même est modifié, le plus populeux et le plus insalubre d'Outremeuse, il ne reste que la Gravioûle, la rue (du Couvent) des écoliers, la rue des Tanneurs et la place Sainte-Barbe. L'hôpital de Bavière est démoli, pour laisser la place à la place de Bavière (aujourd'hui la place de l'Yser),  l'abattoir de 1823 déménage du quai des Pêcheurs (aujourd'hui le quai van Beneden) au quai de l'abattoir réalisé en 1864 et le nouvel abattoir en 1866 (aujourd'hui le  aui Godefroid Kurth).

Comblement des cours d'eau et des biefs

Maisons bourgeoises construites boulevad de l'Est sur l'emplacement de l'ancien bief Saint-Nicolas. Au fond, l'église Saint-Pholien, déplacée et achevée en 1914

Les cours d'eau, la Bêche (quai van Beneden), le bief Saucy (boulevard Saucy) se divisant en deux parties (boulevard de l'Est d'une part et rue Henri de Dinant et rue Gaston Grégoire d'autre part), le bief Saint-Nicolas (boulevard de l'Est), le Barbou (boulevard de la Constituion), ), la Rivelette (de l'Institut van Beneden ) la place Delcour,la rue de Berghe et la rue Saint-Julien où elle se jetait dans le Barbou), la Gravioûle devant la caserne des écoliers, les biefs des Grandes Oies et les Petites Oies (disparu sous le quartier autour de la place du Congrès), sont tous comblés, transformés en égouts et recouverts. La Meuse, l'Ourthe et la Dérivation sont canalisées, enfermées dans leurs digues de pierres. Il ne reste aucun prés ou cotillages des Prés Saint-Denis. On construit aligné selon des plans bien précis: du début de la Rue Méan on voit le quartier Bavière à près de 900 mètres.

Le comblement des bras d'eau signifie la mort des moulins et des fabriques qui en dépendaient.

----------
Moulins de Outremeuse

Moulin des Petites-Oies,
moulin des Grandes-Oies,
moulin à huile des Petites-Oies sur Rivelette,
moulin du Chapeau-de-Fer sur Rivelette,
moulin Henkar En-Châtre,
moulin Cassar En-Châtre,
moulin Deltour et moulin Chapelle rue des écoliers,
Moulin Gillement et Moulin d'amont en Saulci,
moulin Ancions et moulin Chapelle en Gravioûle,
moulin Levoz et moulin Kinet et Målikou

Literatuur

Archives

- Archives de l'Etat à Liège, Inventaire des archives de l'Hôpital des Incurables à Liège, Françoise Lecomte (1981), T39.
n°. 1550 - 1552. Maisons et moulins situés à Liège. 1571-1723.
1549. 1 dossier. charte n° 82 du présent inventaire.
1550. Moulin de "Grand Riwa" sis en Outremeuse. 1571-1720.
1551. Rente affectant le moulin des "Oies" sis en Outremeuse (en annexe : testament de Marie Ludwine Le Bon, 1693). 1639-1723. 1 dossier
1552. Rendages du moulin du "Petit Saucy" situé en Outremeuse (famille Lecomte). 1662.
1303. Maison sise rue du Moulin (Corémoulin) à l'extérieur de la porte Sainte-Marguerite (famille Market apparentée aux de Rossius) (en annexe : succession d'André Tailfer, 1714). 1615-1736. 1 dossier..

- Archives de l'Etat à Liège, "Fonds du couvent des Ecoliers", reg. 2, f° 225-237.
- Archives de l'Etat à Liège, "Liber cartarum ecclesiae leodiensis", acte n° 504, f° 260 v° (charte de 1257).
- Archives de l'État a Liège, "Liber primus cartarum", f° 533 sv (charte de 1257)
- Archives de l'Etat à Liège, "Fonds des échevins, Paweilhars" A, f° 200 v°; B, f° 148 v°; D, f° 90; G, f° 367 v°; H, f° 300 v°; N, f° 26; n° 18, f° 202 v°; n° 19, f° 172; de Berlin, f° 175 v°; Masset, f° 153 (charte de 1257)
- Archives de l'Etat à Liège, Chambre impériale, dossier 1334, pièce 325 (charte de 1257, en traduction latine)
- Archives de l'état a Liège, Fonds des échevins, Paweilhars A, f° 200v° et Paweilhars D, f° 90.
- Archives de l'État à Hasselt, "le Paweilhar des échevins de Vliermael", n° 1521, f° 527 (charte de 1257, traduction thioise)
- Bibliothèque centrale de Liège, Paweilhar Henrici, f° 27v° (charte de 1257).
- Bibliothèque de l'Université de Liège, Paweilharne 166D; "Paweilhar Foullon", Ms. n° 649; et plusieurs autres Paweilhars (charte de 1257)
- Archives départementales du nord à Lille, analysée dans le Répertoire Β 1468, f° 5 et 10 v° (charte de 1257).

Sources imprimées

- "Chartes et privilèges des XXXII bons métiers de la Cité de Liège", t. I, p. 97 et 111, Liège, 1730.
- S. Bormans, "Recueil des ordonnances de la Principauté de Liège", 1re série, p. 53, Bruxelles, 1878.
- S. Bormans et E. Schoolmeesters, "Cartulaire de l'église Saint-Lambert à Liège", t. II, p. 100, Bruxelles, 1895.

Ouvrages

- René Van Santbergen, "Le statut des moulins Liégeois de 1257", Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 26, 1948, n° 1-2, p. 97-117.
- René Van Santbergen, "Règlements et privilèges des XXXII métiers de la Cité de Liège. Fascicule IV. Les meuniers", Liège, 1958.
- René Van Santbergen, "Les Bons Métiers des meuniers, des boulangers et des brasseurs de la Cité de Liège. Contribution à l'histoire des corporations liégeoises", Liège, Université de Liège, Faculté de Philosophie et Lettres, 1949 (vol. 115). 1949, 376 p.; deuxième édition revue et corrigée, Paris, Société d'Edition "Les Belles Lettres", 1977.
- René Van Santbergen & Robert Massart, "Règlements et privilèges des XXXII métiers de la Cité de Liège. Fasc. XI. Les brasseurs", Liège, 1952.
- René Van Santbergen, "Les Bons Métiers des meuniers, des boulangers et des brasseurs de la Cité de Liège. Contribution à l'histoire des corporations liégeoises", [Université de Liège] (1945 - 1946).
- René Van Santbergen, "Un essai d'histoire corportive. Les Bons Métiers des Meuniers et des Boulangers de la Cité de Lièges (des origines à la fin du XVIe siècle),  [Université de Liège] (1941 - 1942)
- René Van Santbergen, "Contribution à l'histoire sociale des métiers liégeois", Anneles du XXXIIIe Congrès de la Fédération archéologique et historique de Belgique, Pt. 2, 1951, p. 353-362.
- Fabrice Muller, "Les trente-deux bons métiers de la cité de Liège", Liège, 2e ed., 1998-2003.
- A. Wohlwill, "Die Anfänge der Landständischen Verfassung im Bisthum Lüttich", in-8°, Hambourg, 1867.
- C. de Borman, "Les échevins de la Souveraine justice de Liège", 2 vol. in-4°, Liège, 1892-1893.
- G. Kurth, "La Cité de Liège au Mogen Age", 3 vol. in-8°, Liège, 1910.
- T. Gobert, "Liège à travers les âges, les rues de Liège", 6 vol. in -fol., Liège, 1924-1929. Revue belge de Philologie et d'Histoire, XXVII, 7.
- É. Poncelet, Les domaines urbains de Liège, dans Documents et Mémoires sur le Pays de Liège, Liège, 1947.
- É. Poncelet, "Les bons métiers de la cité de Liège", dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XXVIII, Liège, 1900.
- J. de Chestret, "Les fieffés de Saint-Lambert", dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XXIV, Liège 1894.
- J. de Chestret de Haneffe, "La police des vivres à Liège pendant le Moyen Age", dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XXIII, p. 256 sv., Liège, 1893.
- A. Wauters, "Table chronologique des chartes et diplômes ...", t. V, p. 160, Bruxelles, 1877.
- S. Bormans & E. Schoolmeesters, "Cartulaire de l'église Saint-Lambert à Liège", t. II, p. 100.
- "Liste chronologique des édits et ordonnances de la principauté de Liège", t. I, p. 20, Bruxelles, 1860.
- Idem, "Recueil des ordonnances", 1re série, p. 53.
- E. Fairon, "Régestes de la Cité de Liège", t. I, p. 64, Liège, 1933.
- E. Fairon, "Chartes confisquées ... après la bataille d'Othée" (1408), p. 366, Bruxelles, 1938.
- G. Kurth, "Nolger de Liège et la civilisation au Xe siècle", t. I, p. 195, Paris-Bruxelles, 1905.
- L. Lahaye, "Les paroisses de Liège", dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XLVI, Liège, 1921.
- Philippe Vander Maelen, "Dictionnaire géographique de la province de Liège", Bruxelles, 1831, p. 134.
- Henri Del Vaux de Fouron, "Dictionnaire géographique de la Province de Liège", Liège, Jeunehomme, 1841.
- J. Ceyssens, "Le droit de banalité", dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XX, p. 33-98, Liège, 1896.
- P. Le couturier, "Liétye, étude de géographie urbaine", Liège, 1930.
- E. Polain, "La formation territoriale de la cité de Liège".
- Charles Meerts, "Dictionnaire géographique et statistique du royaume de Belgique", Bruxelles, Vanderborght, 1845.
- Hervé Hasquin e.a., "Commnunes de Belgique: dictionnaire d'histoire et de géographie administrative. Wallonie", 2 vol., Bruxelles, La Renaissance du livre, 1980-1983.
- Herman Holemans, "Enquète auprès des communes de la Province de Liège", 1984.
- Lucien Simon, "Moulins de chez nous", Dison, Fondation Adolphe Hardy, 1992, p. 133-137.- J..)L. KUpper, "Archéologie et Histoires: aux origines de la cité de Liège (VIIIe-IXe siècle)", Liège (dansl: La geneèse et les premiers siècles des villes médiévales).
E. Woos, "Le quartier d'Ourtremeuse à Liège. Genèse et évolution topographique d'un territoire urban", Annuarie d'Histoire liégeoise,  XXVIII, n° 52, 1996-1997, p. 1-187.
E. Polin, "La formation teritoriale de la cité de LIège", Revue duu Nord, n° 71, 1932, p. 161-177.

Stuur uw teksten over deze molen  | 
Stuur uw foto's van deze molen
  
Laatst bijgewerkt: maandag 30 januari 2017

 

De inhoud van deze pagina's is niet printbaar.

zoek in database zoek op provincie Stuur een algemene e-mail over molens vorige pagina Home pagina Naar bestaande molens